Depuis plus d’un siècle dans nos sociétés occidentales, les individus se sont appliqués à fuir la mort, à la cacher, à ne pas la nommer, à la déplacer du domicile vers l’hôpital ou les chambres funéraires, à l’aseptiser, la contrôler.

Paradoxalement, dans le même temps et toujours en Occident, ce même thème de la mort a effectué un retour en force dans la création contemporaine : arts visuels, littérature, spectacles vivants ou éphémères, cinéma, séries télévisées, théâtre, chansons et musiques, bandes dessinées, etc., aucun domaine artistique n’y échappe, les médias s’en font l’écho, jusqu’à la presse qui l’étale en images.

L’art s’est toujours inspiré de la mort. Pour les artistes, c’est une source d’inspiration inépuisable. Au Moyen-âge par exemple, la mort était le quotidien et l’art s’en faisait l’écho. Au XIIè siècle, dans l’art baroque, les « Vanités » mettaient en scène des crânes, des squelettes en nature morte pour suggérer le peu d’importance, la précarité de la vie terrestre.

Aujourd’hui, l’art s’est emparé de la mort d’une façon nouvelle. Le cadavre devient non seulement le sujet de l’œuvre mais sa matière première.

Choqués, dérangés, heurtés, l’art nous invite à nous interroger sur nos désirs d’immortalité. L’artiste aussi s’interroge. Quelles limites éthiques et esthétiques doit-il se donner ?
 


La Maison Deyrolle : la mort pédagogique

La Maison Deyrolle : la mort pédagogique

A première vue, c’est une devanture comme il y en a tant à Paris, hôtel particulier, ornements d’époque, dorures, boiseries, jolie vitrine. Mais nous sommes ici dans le monde de la taxidermie, dans la dimension des insectes, des coquillages…