Les obsèques des catholiques et des protestants ont des rites à peu près identiques.

Dès l’arrivée du convoi à l’église, les membres de la famille, guidés par le maître de cérémonie sont invités à prendre place sur les premiers rangs devant l'autel. Les invités et amis sont placés sur les rangs opposés.

Le prêtre ou le pasteur vient au devant du cercueil et donne l’ordre au maître de cérémonie de faire entrer le cercueil dans le chœur de l’église ou du temple. L’assistance et la famille se lèvent et attendent l’installation du cercueil pour s’asseoir.

Les fleurs sont en général disposées sur le cercueil ou autour selon la quantité. L’ensemble du personnel de convoi, s’éclipse discrètement afin que le service religieux débute.

 

Pour le convoi catholique, la famille bénit le cercueil à l’issue de la cérémonie à l’aide du goupillon placé au pied du cercueil et retourne à sa place si celle-ci ne désire pas recevoir de condoléances. Puis, c’est au tour de l’assistance à bénir le cercueil avant de revenir à sa place ou d’être conduite vers la famille pour les condoléances.

En cas de condoléances, la famille sera placée selon l’usage dans la paroisse, sur un côté et recevra un par un les membres de l’assistance. La présence des registres permet à la famille de pouvoir remercier par la suite les amis présents.

Ensuite, les invités quittent l’église ou le temple et se rassemblent souvent vers la sortie pour saluer le départ du convoi. Les porteurs chargent les fleurs dans le corbillard et procèdent à la levée du corps. La famille suit le cercueil jusqu’à l’extérieur de l’église et rejoint les véhicules. Il peut être mis à disposition, des bus, véhicules de deuil ou limousines avec chauffeur selon les besoins.

Si le cortège est long, l’entreprise de pompes funèbres prend soin en général de vérifier le nombre de véhicules qui suivra jusqu’au cimetière, si celui-ci n’est pas à proximité de l’édifice cultuel afin de ne pas perdre en route une partie du convoi. Lorsque le cimetière jouxte l’église, le cortège suit à pieds.

Au cimetière, le cercueil est disposé devant de la sépulture ou inhumé, les fleurs sont posées autour de la tombe.

 

Pour le convoi protestant, la personne décédée étant déjà auprès de Dieu, elle n'est plus dans le corps, et rien de ce que nous pourrions ajouter ne peut augmenter l'amour que Dieu a déjà pour cette personne. Par conséquent, il n'y a pas de geste de bénédiction du corps mais les prières et les bénédictions sont pour les personnes qui pleurent la disparition de cette personne.

Le service peut donc très bien avoir lieu près l'inhumation ou la crémation, pour faire mémoire et remercier Dieu pour les bénédictions dont la personne disparue a été la source. Dans tous les cas, les témoignages des proches et les paroles du pasteur ne s'adressent pas à la personne disparue, mais à Dieu pour le remercier et aux proches qui sont dans le deuil pour les encourager.

Au cimetière, pour le convoi protestant, après l'inhumation, le pasteur s'avance près la tombe et dit encore quelques paroles de confiance en Dieu, de prière et de bénédiction pour les proches dans le deuil. La famille et l’assistance choisissent parfois de jeter de la terre sur le cercueil, ou une fleur.

Pour les catholiques, la famille approche de la sépulture en premier soit pour faire le signe de croix sur le cercueil ou s’incliner pour les non-croyants.
 

Les invités présents feront de même et quittent les lieux ensuite. Des fleurs peuvent également être distribuées à toutes les personnes de la famille et aux invités afin que celles-ci soient jetées dans le caveau en signe d’adieu (elles sont retirées avant la fermeture du caveau).

 

La crémation chez les catholiques

 

Le catholicisme a longtemps vu dans la crémation une opposition à la foi chrétienne mais celle-ci n'a plus cours aujourd'hui. C’est la décision de la Congrégation du Saint-Office du 8 mai 1963 qui a donc mis fin à près d'un siècle d'interdiction formelle de la crémation qui avait été décrétée par une interdiction papale du 19 Mai 1886.

Cette évolution a heurté de nombreux catholiques.

L’église catholique souhaite, dans son ensemble, que les services religieux soient effectués en présence du corps du défunt et non sur ses cendres.

Un rituel peut s'exercer, avec le responsable de l'église, lors d'une cérémonie post-crémation en présence de l'urne contenant les cendres du défunt. L'autorisation est, en principe, délivrée par l'évêque du diocèse.

 

La crémation chez les protestants

 

Le protestantisme a autorisé la crémation dès 1887 soit dès sa légalisation.

Cela vient sans doute du fait que le protestantisme est dépourvu d'un rituel articulant gestes, paroles et liturgie en faveur de la personne décédée.

Croire que l'on peut prier pour les morts semble, en effet, dénué de sens pour un protestant. Pour lui, le salut vient de la grâce seule, il n'y a qu'à Dieu que le culte peut être rendu.
Pour les protestants aucun argument théologique ne s'oppose à la crémation y compris, là aussi, l'idée de résurrection car, comprise dans sa dimension symbolique elle invite avant tout le croyant à prendre au sérieux le spirituel mais aussi le corporel/matériel.

Le pasteur Laurent Gagnebin pense que " la question est moins religieuse que psychologique et personnelle. Certains, par exemple, peuvent être séduits par le symbole du feu purificateur ou celui de l'anéantissement complet, de la fusion avec la nature.

A cela s'ajoute, notamment dans les grandes agglomérations, une considération rationnelle, la crémation répond alors à une logique de gestion de l'espace urbain lorsqu'il y a de moins en moins de place pour enterrer les morts : c'est, notamment, ce qui se passe en Suisse où le recours à la crémation est devenu un phénomène majoritaire."

Les protestants sont, eux aussi, favorables à la présence du cercueil dans le temple, de manière à mieux signifier que le deuil passe par une reconnaissance pleine et entière de la mort.

 

Merci au pasteur Marc Pernot pour son aide oratoiredulouvre.fr