Virginie Pons

Les différents modes de conservation du corps ?

Interview de M. Fontaine, Directeur du Laboratoire d’anatomie de la Faculté de médecine-Université Lille 2 (21 février 2012)

 

- Comment conserve-t-on les corps ?

Traditionnellement, il existe deux méthodes : la congélation et l’injection de produits chimiques. Une troisième, très intéressante mais coûteuse, est en développement dans certains laboratoires, à Nancy, Saint-Etienne et bientôt à Lille j’espère : la plastination. On remplace l’eau par une solution plastique.

 

- Quelle méthode privilégiez-vous à Lille ?

Nous décidons en fonction des besoins d’étude. Chaque méthode a ses avantages et inconvénients :
- La congélation permet de rester au plus près de la réalité du corps humain. Les textures, la souplesse est préservée. Pour les travaux de biomécanique c’est essentiel.
- L’injection d’un mélange chimique a l’avantage d’être simple, même si elle suppose deux bonnes heures de travail. Mais là encore, les dosages varient selon l’objectif. La glycérine permet une plus grande souplesse des tissus mais la durée de conservation est plus courte. C’est l’inverse pour le formol.

 

- Ces produits chimiques sont-ils à risque pour le personnel et les étudiants ?

La santé des personnes est une préoccupation majeure en effet. Certaines manipulations se déroulent dans des salles spéciales et avec port du masque obligatoire. A ce titre on essaie de diminuer l’utilisation du formol, mais il reste irremplaçable dans certains cas. Lui seul permet une longue conservation.

 

- Y-a-t-il un impact écologique à l’utilisation de ces produits ?

Non pas véritablement. Les effluents du laboratoire ne sont pas rejetés dans les égoûts.

  


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