Acharnement thérapeutique ou euthanasie ?
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La fin de vie
Dans les années 50, le médecin était souvent inaccessible pour le patient et sa famille et il décidait de tout.
Avant chaque équipe avait sa façon de travailler. Certains arrêtaient tout facilement, d’autres pratiquaient l’acharnement thérapeutique mais l’un ou l’autre restaient toujours un sujet tabou. Ces situations ont perduré jusqu’au moment où des professionnels de santé, des familles, des bénévoles et des politiques prirent conscience que la personne malade en fin de vie avait des droits.
Aujourd’hui l’amélioration de la prise en charge des urgences, les progrès de la réanimation, de la cancérologie ou de la gériatrie repoussent les limites de la mort. En revanche, les traitements peuvent également avoir pour conséquence des séquelles importantes qui entravent la qualité de l’existence des malades. Ces situations sont parfois insurmontables pour les personnes malades mais aussi pour leurs proches et même pour les professionnels de santé.
Et puis il y a eu l’affaire Vincent Humbert qui a mis la France en émoi, suscité de nombreuses réactions à droite comme à gauche et relancé le débat sur l’euthanasie. Il fallait donc une loi pour dissiper les ambiguïtés tant médicales que juridiques entourant les fins de vie et les traitements dès lors qu’ils devenaient inappropriés ou pouvaient paraître excessifs.
Cette démarche a conduit à une tentative de définition stricte de ce qu’est l’euthanasie, et de ce qu’elle n’est pas (l’abstention thérapeutique).
Le refus de l’acharnement thérapeutique en général ne vaut pas adhésion à l’euthanasie.
La loi Leonetti répond à une question totalement apolitique : comment protéger le droit des patients, garantir les devoirs du médecin face au patient dans une démarche humaine et responsable ?
Elle a abouti à une reconnaissance contractuelle et une alliance thérapeutique entre le malade et le médecin pour faire face ensemble contre la maladie mais si elle ne reconnaît pas l’euthanasie (le mot n’est jamais employé dans les articles de la loi) comme un droit, elle affirme que les soins palliatifs doivent être reconnus et développés.
Un récent sondage d’OpinionWay mené auprès de 1 000 personnes a montré que le dispositif de la Loi Leonetti était encore mal connu du grand public : 68 % des Français déclarent ne pas savoir qu’il existe une loi interdisant l’acharnement thérapeutique et environ 50 % d’entre eux estiment qu’ils ne sont pas suffisamment informés sur les soins palliatifs.



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