Une mort haineuse, celle de Messala dans Ben Hur
La mort du Romain Messala dans le film Ben Hur représente, pour moi, ce qu’on peut imaginer de pire comme « fin de vie », « derniers instants » : un départ haineux ou le rictus final est dû au mal que le mourant va occasionner juste avant de disparaître à jamais…
L’histoire d’une conversion
Au cinéma, comme dans la vraie vie, les morts horribles ne se comptent plus et chaque cinéphile conserve, dans un coin de sa mémoire, nombre de « grands départs » qui lui ont laissé une impression d’autant plus pénible qu’ils tout à fait réalistes. Ce qu’on voit à l’écran, on pourrait le voir dans n’importe quel hôpital…
Tiré du roman éponyme, Ben Hur raconte l’histoire d’une conversion au christianisme : celle de Judah Ben Hur interprété par un Charlton Heston au sommet de sa forme. C’est aussi le récit d’une amitié qui vire à la haine entre ce même Judah, fils d’une grande famille de Judée, et son ami d’enfance devenu le tyran de cette région, Messala (Stephen Boyd).
La course de chars
Après avoir fait embastiller la mère et la sœur de Judah et envoyer ce dernier aux galères, Messala doit se rendre à l’évidence : le juif rebelle a survécu à tous les fléaux qu’il a mis sur sa route et revient le provoquer dans le cirque de Rome, via une course de chars d’anthologie. Battu à plate couture, Messala se retrouve moribond à l’infirmerie…
Le médecin le presse d’accepter l’amputation mais le Romain, dans un dernier réflexe de fierté, refuse d’apparaître diminué devant Ben Hur qui, d’après lui, ne peut manquer de venir voir sa dépouille à l’agonie. Bien vu, l’artiste ! Judah apparaît rapidement suscitant un sursaut de joie chez celui qui n’en a plus que pour quelques minutes à vivre…
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Cinéma


La vallée des lépreux
Les deux amis vont-ils tomber dans les bras l’un de l’autre ? et Messala demander pardon pour ce qu’il a osé faire à la famille Hur ? C’est bien mal connaître cet homme aveuglé par la haine qui sait qu’il va, au final, triompher de son ennemi… En lui donnant un coup de couteau ? Que nenni ! En lui livrant un secret qui va terrasser ce dernier…
Et c’est ainsi, que mû par la haine (revenons-y !) Messala avoue à Ben Hur que sa mère et sa sœur sont bien vivantes mais… qu’il ne pourra point les retrouver car elles sont… elles sont… (le monstre prend le temps de préparer sa chute !), elles sont… dans un endroit épouvantable, effrayant et sinistre : la vallée des lépreux…
La victoire du Malin
Pour Ben Hur, cet aveu est pire qu’un coup de couteau à travers l’omoplate ! Du reste, on le voit gémir de souffrance, lui le costaud revenu de quatre ans de galères ! Il est littéralement effondré. Et, dans l’absolu, cet aveu représente le triomphe du Mal, du Malin, du Diable (n’oublions pas que ce roman a été écrit pour évangéliser le public américain).
Alors qu’on devrait quitter ce monde avec un zest de sérénité, l’esprit apaisé et, si possible, réconcilié avec la terre entière en général et son pire ennemi en particulier, Messala choisit de disparaître en semant la haine. Qu’on soit ou non croyant, une mort pareille ne peut que glacer le sang !
Et donner envie.. de revoir ce film de William Wyler qui rafla 11 oscars en 1960.
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