Nos cimetières sont hors la loi !

On a tous eu l’occasion d’aller dans un cimetière soit pour des circonstances douloureuses ou à la Toussaint pour se souvenir ou tout simplement pour flâner et découvrir un lieu souvent chargé d’Histoire ! Dans la grandes majorité des cas, le cimetière se trouve dans la ville.

 

Savez-vous que la plupart de nos cimetières français sont hors la loi ?

 

Voici une histoire brève des cimetières parisiens que l’on peut calquer dans les grandes lignes à tous les cimetières des grandes agglomérations françaises en métropole.

Origine du mot cimetière : Le mot cimetière vient d’un mot grec qui veut dire « l’endroit où l’on dort ».

 

Remontons dans le Temps :

 

Chez les Romains

Chez les Romains  les morts étaient brûlés et ils conservaient leurs cendres dans des urnes qu’ils déposaient dans un caveau surmonté par un tombeau. Ces tombeaux animés parfois par la présence de statues funéraires étaient érigés sur les bords de la route conduisant à la ville. On en voit encore aujourd’hui les vestiges à Rome le long de la Via Appia Antica.

 

En Gaulle

Les Romains ne semblent pas avoir apporté à Lutèce cette coutume de l’incinération ! Les chrétiens, en souvenir de la mise au tombeau de Jésus-Christ, préférèrent l’inhumation, en usage chez les hébreux. Paris eut alors trois grandes nécropoles chrétiennes suivant la coutume romaine en bordure des voies d’accès à la cité.

 

Nos églises, musées funéraires

Mais dès le VIè siècle, certaines personnes privilégiées obtinrent le droit de se faire enterrer à l’ombre de la croix de leur église. Cette autorisation, tout d’abord donné aux rois et aux ecclésiastiques, s’étendit aux laïques qui n’eurent qu’à faire donation à l’Eglise.

Ces personnes furent donc inhumées sous le dallage du chœur ou de la nef et plus tard dans des caveaux particuliers avec de somptueux tombeaux sur lesquels ils étaient représentés soit en « gisant » ou soit en « priant ».

Par exemple en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, Charles Le Brun le peintre de Louis XIV achète une chapelle pour lui-même, son épouse et sa mère et la décore.

Mais lorsque ces caveaux parfois changeaient de propriétaire les ossements en étaient retirés et transportés dans les combles de l’église ! Alors les églises étaient pleines de morts, les fidèles en avaient autant au-dessus de leur tête que sous leurs pieds !

Le seul avantage de cette situation : celui de faire des églises un véritable musée funéraire.

 

La fosse commune une généralité

Les autres : infortunés et pauvres étaient enterrés en fosse commune de 5 à 10 mètres de profondeur où plusieurs milliers de cadavres étaient entassés ! Tant que la fosse n’était pas pleine elle était laissée à l’air libre.

Lorsque venait l’époque de ré-utiliser la fosse commune, on la vidait de ses ossements que l’on empilait dans les combles de galeries entourant le cimetière.

Toutes ces inhumations constituaient pour l’église catholique romaine, religion d’Etat sous l’ancien régime,  une importante source de revenus.

Même la sonnerie des cloches était payante ! On raconte qu’un sonneur de cloches d’une église parisienne demandait en payement des bouteilles de vins, plus il buvait, plus il sonnait !

 

La catastrophe

Bref, l’insalubrité dans les églises et les cimetières devint telle que sous l’ancien régime (en 1765) on tente de limiter les inhumations dans les églises mais surtout de transférer hors de Paris tous les cimetières.

Mais tout le clergé s’oppose à cet arrêté !

Il faudra attendre le scandale du cimetière des Innocents en 1780 pour que des mesures soient à nouveau étudiées. On évoquera ultérieurement ce cimetière particulier et ce scandale (suspens …)

 

De la Révolution au 1er Empire

1789 : La Révolution !  Elle interdit d’enterrer dans les églises, supprime les cimetières intra-muros et transfère la propriété des cimetières à la commune.

Mais les évènements politiques retardèrent l’exécution de ces décisions et il faudra attendre le 1er Empire pour voir l’établissement de trois grands cimetières tous situés au delà des murs de Paris : au nord le cimetière de Montmartre, à l’est le cimetière du Père Lachaise et au sud le cimetière Montparnasse.

On évoquera par la suite, l’histoire propre à chacun de ces cimetières.

Mais le 1er Empire établit aussi un règlement des cimetières renouvelant l’interdiction d’inhumer dans les églises, temples, synagogues, hôpitaux etc … mais surtout interdit la fosse commune et autorise l’achat de concession privée.

Cet achat de concession privée va permettre à des familles d’élever, comme jadis dans les églises, des monuments funéraires ce qui va transformer certains cimetières en véritable musée à l’air libre ! Et aussi à quiconque de se faire inhumer dignement croyant ou non croyant.

Puis en 1860, il y a l’extension de Paris qui a donc pour effet de laisser à l’intérieur de la capitale tous les cimetières ce qui est contraire aux règlementations toujours en vigueur.

Dans les grandes agglomérations françaises  la plupart des anciens cimetières toujours en activités étaient aussi situés à l’extérieur de la ville et maintenant aussi absorbé par la cité.

A suivre …


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