Les rites funéraires Antillais
Autrefois peu de gens mouraient à l'hôpital, après les appels à l'aide et les rituels trois coups de "corne" (conque) de lambi, tout le voisinage, apportait son soutien aux parents du défunt.
En raison du manque de moyens de communication, des messagers, quels que soient le temps et l'heure, étaient dépêchés à pied ou à cheval pour prévenir aussi bien la famille vivante, éloignée que tous les gens rencontrés sur leur trajet : «Kouri Sikilè». Dans les Villes et les Communes, les plus aisés faisaient part du décès à l'aide de "billets d'enterrement".
Pendant ce temps, toutes les tâches étaient réparties entre les voisins, la tradition voulant que la famille en soit exemptée. En règle générale, les femmes s'affairaient à l'intérieur alors que les hommes se partageaient les alentours.
Les couturières du coin s'occupaient de l'habillement du mort, tandis que d'autres femmes rangeaient la maison, couvraient les miroirs de draps blancs et paraient le lit des plus beaux attributs après qu'une planche ait été posée sur le matelas afin de maintenir le corps bien droit. II était aussi de tradition de faire enjamber la dépouille par tous ceux qui avaient peur des morts.
La maison et ses abords pouvaient être balayés mais les ordures laissées dans un coin ne devaient être jetées qu'au lendemain de l'enterrement. II fallait aussi puiser de l'eau dans la mare ou le puits d'à côté. La toilette mortuaire pour sa part était confiée à des "Matrones" quand le défunt était une femme et à des hommes pour leur semblable. II était ensuite exposé sur son lit jusqu'à la mise en bière. II fallait aussi prévoir au cercueil, car il n'existait pas d'entreprise de Pompes Funèbres, on avait recours aux charpentiers.
La mort ayant toujours été l'occasion d'un grand « Kolé tête » au fur et mesure que la nouvelle s'était répandue, chacun arrivait avec sa participation, cela pouvait être du rhum, du café, des liqueurs du sucre, des bougies et voire même quelques.
La tradition voulait aussi que toutes les réjouissances prévues dans le quartier soient à cette occasion annulées.
A la tombée de la nuit, on allumait des bougies sur une bonne partie du chemin menant à la maison du défunt puis, l'on faisait le café sur des réchauds à charbon « Réchos » ou des foyers « Foyé-Difé ». A l’intérieur de la maison, les femmes priaient.
A l’extérieur, parmi les proches des chanteurs accompagnés des choeurs de boula, les joueurs de "Magnolè », de "boutou, de Pilé kakô", ainsi que des conteurs animait la veillée.
Au lever du jour, après un passage dans la chambre du mort juste le temps comme à l'arrivée d'asperger la dépouille d'eau bénite placée dans une tasse où trempait un bout de rameau béni, chacun s'en allait ensuite vaquer à ses occupations.
Dès lors, il fallait se remettre à l'oeuvre et préparer le repas destiné à recevoir non seulement la famille revenant de loin, mais aussi tous ceux qui prêtaient mains fortes.
Le matin, on envoyait un volontaire déclarer le décès en mairie, récupérer le certificat de décès, et contacter le fossoyeur si l'inhumation se faisait dans un cimetière public.
II fallait ensuite voir le Curé pour la cérémonie religieuse et le défunt qui y avait droit devait de son vivant être bien en règle avec l'église.
Si la mort était due à un suicide ou que la veillée avait été très bruyante le prêtre refusait de célébrer l'enterrement.
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Rites funéraires


Celui-ci était réparti en trois classes :
- Pour une cérémonie de 1ère classe, l'église était drapée de tentures noires, le choriste chantait des cantiques "Libera".
- Lors de la cérémonie de 2ème classe l'église était à moitié décorée.
- La 3° classe ou "Béniko" était réservée à ceux qui n'étaient pas en harmonie avec les commandements de Dieu ; ils devaient se contenter d'une bénédiction sur le parvis de I église. Quant aux suicides surtout ceux morts par pendaison, ils n'avaient droit à aucune cérémonie.
La maison mortuaire ou la maison du défunt était aux environs de midi garnie de draps blancs sur lesquels on avait accroché des feuilles de buis : "les Niches". Des fleurs étaient cueillies dans les jardins des alentours puis réunies en bouquets ou en couronnes et portés par des volontaires. Juste avant la mise en bière vers 15 heures, qui dans les campagnes était annoncée par un coup de corne de lambi, toute la famille et les amis donnaient au mort un dernier baiser (sur le front) et il fallait veiller à ce qu'aucune larme ne lui tombe dessus, puis on lui déboutonnait les vêtements. II était ensuite donné deux coups au moment de la fermeture du cercueil et trois derniers au départ du cortège précédé par des cavaliers qui s'amusaient à faire trotter leur monture.
La famille proche ne devait pas assister à l'enterrement mais la levée du corps strictement réservée aux hommes de la famille ; puis le cercueil était porté par des jeunes qui se relayaient. II était permis seulement après le départ du cortège de jeter l'eau qui avait été placée dans une cuvette sous le lit du mort.
Au lendemain de l'enterrement, la lessive et un grand nettoyage réunissaient encore les proches et les voisins. Le même jour commençait la prière qui devait durer 9 jours et à l'issue duquel "le Vénéré" une réception analogue à la veillée était encore organisée.
Entre-temps et pendant 40 jours, on allumait une lampe à huile dans la chambre du décédé. II fallait aussi attendre que ces 40 jours soient passés avant de se rendre sur la tombe du défunt. Au matin de ce dernier, une messe était dite en sa mémoire et l'on pouvait enfin "relever la tombe" avec de magnifiques conques de lambis ou de pierres "roch".
La durée du deuil était fonction du degré de parenté ou de l'amitié qui liait au mort. Elle variait entre 1 et 5 ans.
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