Le Fils de Michel Rostain
Michel Rostain nous happe dans le récit d’un deuil impensable. Avec une infinie pudeur et une grande finesse, il nous entraîne dans les méandres d’un amour absolu, celui d’un père pour son fils.
Comment peut-on continuer à vivre lorsque une partie de soi vient de mourir. C'est ce que Michel Rostain tente de nous faire imaginer dans ce très prude roman.
C'est l'histoire d'un couple de quarantenaires qui perd son fils, mort brutalement d'une méningite (dite foudroyante). Une catastrophe aussi inattendue qu'effroyable.
Demain ne sera plus jamais comme hier, alors à quoi bon continuer ?
Et pourtant, ils n'ont pas le choix : alors ils décideront de tout ce qui adviendra dorénavant, à commencer par l'enterrement du "fiston" qui ne sera pas synonyme de noir et de froid...
La suite sera un mélange de larmes, de colère, de rires et de questions imaginés et racontés avec une sublime douceur par le narrateur.
« Le onzième jour après ma mort, Papa est allé porter ma couette à la teinturerie. Monter la rue du Couédic, les bras chargés de ma literie, le nez dedans. Il se dit qu’il renifle mon odeur.
En fait, ça pue, je ne les avais jamais fait laver ces draps ni cette couette. Ça ne le choque plus. Au contraire : subsiste encore quelque chose de moi dans les replis blancs qu’il porte à la teinturerie comme on porterait le saint sacrement.
Papa pleure le nez dans le coton. Il profite. Il sniffe encore un coup la couette, et il pousse enfin la porte du magasin. Papa ne peut plus traîner. Condoléances, etc. Le teinturier débrarasse papa de la couette. Papa aurait voulu que ça dure, une file d’attente, une livraison, une tempête, juste que ça dure le temps de respirer encore un peu plus des bribes de mon odeur. Papa se dépouille, il perd, il perd. »
« Dans ce livre totalement singulier, Michel Rostain parvient à dire l’indicible, à penser l’impensable, à cerner avec délicatesse un événement monstrueux : la disparition brutale d’un enfant adulte. Je l’ai lu six fois. À chaque fois j’ai pleuré. Plus étonnant, à chaque fois j’ai ri. Et à chaque fois je l’ai refermé en éprouvant une immense gratitude envers l’auteur, d’avoir su nous faire ressentir la beauté de l’amour, la manière miraculeuse dont elle nous enrichit, par-delà le deuil. » Nancy Huston
« Le Fils est un torrent de vie, d’humour noir et d’amour qui déborde et fait comprendre comment on peut, malgré tout, vivre avec “ça”. » Jean-Marcel Bouguereau
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