Le cimetière des Innocents à Paris
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Les cimetières dans Paris
Rappelons que les cimetières étaient souvent attenants à une église, abbaye, prieuré, couvent ou hôpital et par conséquent dans la ville !
Il est vrai que nous sommes habitué aujourd’hui à voir des cimetières d’une superficie considérable mais les cimetières du passé étaient de petites dimensions.
La raison en est d’une part dans la multiplicité des paroisses dans les villes, de l’inhumation dans les églises et surtout de la superposition des corps dans les fosses communes.
Ce qui a eu pour conséquence de compter environ 200 cimetières dans la capitale !
Le plus célèbre à l’époque !
Le cimetière des Innocents fut pendant huit siècles le plus grand de la capitale, il faisait toutefois que 120 mètres sur 60 mètres !
Il doit son nom en souvenir des enfants massacrés en Judée sur l’ordre du roi Hérode.
Son emplacement et ses limites étaient : la rue Saint-Denis, la rue Berger, la rue de la Lingerie et la rue de la Ferronnerie ce qui correspond environ à quatre fois la superficie du square actuel où il y a la fontaine.
Sa fondation remonte probablement au Xè siècle. A l’époque il était en dehors de la capitale en bordure de la route conduisant vers le Nord qui deviendra plus tard la rue Saint-Denis.
Il n’était pas clos donc un endroit où les enfants jouaient, où l’on se donnait rendez-vous, où les lavandières étalaient leur linge ; on peut imaginer l’odeur du linge !
L’installation au XIIè siècle d’un marché public ne fit qu’accroître le désordre, le cimetière étant quotidiennement traversé par les personnes attirées par le marché ; alors on l’entoure d’un mur.
L’ossuaire des Innocents
Le mode d’inhumation était la fosse commune. Il arrivait à quelques riches privilégiés d’obtenir des fosses particulières à part dans le cimetière.
Ces fosses communes étaient régulièrement vidées et ré-utilisées. Une légende disait à l’époque que la terre de ce cimetière était excellente et mangeait son cadavre en neuf jours ! Alors pour entasser le résultat de l’exhumation de ces fosses communes, on double le mur existant d’un autre mur intérieur à arcades au début du XIVè siècle. On aménage entre ses deux murs une galerie avec une voute surmontée d’un comble. Ce comble devient le charnier, le pourrissoir où l’on entasse en vrac les ossements plus ou moins décharnés ! Il y avait donc un charnier au-dessus des quatre galeries entourant le cimetière.
Ces galeries formaient un véritable promenoir couvert où venaient s’installer marchandes de lingerie et de bonneterie et marchands de tableaux. Il y avait aussi les écrivains publics et des entremetteuses. Ces galeries constituèrent donc un lieu très animé malgré le voisinage des fosses ouvertes d’où s’échappait une odeur pestilentielle et les charriots incessants de cadavres.
On voit encore aujourd’hui la trace d’une de ces galeries dans la rue de la Ferronnerie où il y a une immense maison : son rez-de-chaussée est constitué d’arcades voûtées aujourd’hui transformées en boutique ; ces arcades sont les arcades d’une des galerie du cimetière des Innocents !
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Cimetières
La catastrophe
En 1780, le cimetière des Innocents a absorbé plus de 2 millions de cadavres ! De son sol exhale une odeur pestilentielle augmentée par celle des urines et matière fécales jetées dans le cimetière. Depuis longtemps les habitants du quartier demande sa fermeture. Ils voient un espoir lorsqu’en 1765 on ordonne le transfert hors de Paris de tous les cimetières mais espoir qui n’aboutit pas en raison de l’opposition du clergé !
Alors, comme d’habitude il faudra attendre la catastrophe !
Le 30 mai 1780 deux étages de caves superposées d’une maison de la rue de la Lingerie bordant le cimetière s’écroulent emmenant par la même occasion des centaines de cadavres en décomposition provenant des fosses communes.
Le cimetière fut donc fermé le 1er décembre 1780.
Ce n’est qu’en 1785 que l’on ordonne sa suppression !
En attendant on a vidé les caves, étendue de la chaux vive et muré la brèche !
C’est en avril 1786 que l’on commence le transport des ossements vers les Catacombes. On enlève uniquement la partie supérieure du sol du cimetière soit 10 000 mètre cubes environ.
Ce qui fait que tout le long du XIXè siècle à chaque travaux dans le secteur on recueille des ossements : lorsqu’on creusa pour alimenter d’eau la fontaine des Innocents, lorsque l’on construisit les Halles et il en reste probablement encore !
Ce secteur est actuellement en travaux en raison de la réhabilitation du fameux Trou des Halles … des ouvriers risquent d’avoir quelques surprises !
C’est à cause de cette catastrophe, entre autre, que la Révolution va mettre en place le transfert des cimetières mais trop occupée à trancher les têtes qui rempliront une fois de plus nos cimetières parisiens, il faudra attendre le 1er Empire pour voir se réaliser ce vieux projet avec la création en 1804 du premier grand cimetière extra-muros de Paris, le cimetière de l’Est dit du Père Lachaise.
A très bientôt donc pour vous conter l’histoire de ce magnifique cimetière.
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