La mort en Argentine

La mort en Argentine est perçue comme un passage à un autre état, comme un acte naturel de la vie sociale. Elle ne prend pas les allures d'une rupture dramatique, d'une séparation absolue, comme souvent dans l'occident. Ce n'est pas, pour le défunt, un anéantissement, c'est le passage d'une frontière pour un « ailleurs ».

C’es pour cela que l’atmosphère des funérailles y est moins solennel. Les proches se réunissent et évoquent les souvenirs du défunts, discutent d’autres sujets. Cela explique que les maisons mortuaires, où est transporté le corps, sont dotés d'un bar et de salles de séjour avec sièges confortables, de terrasse-jardins, de patios, de "pièces intimes", avec toilette et kitchenette pour ceux qui veulent se reposer ou se restaurer un peu.

 

Dans certaines régions, les cérémonies funèbres se transforment même en fête mortuaire, où l’on chante et danse, on boit au séjour du défunt en paradis ; on espère qu'il y est, qu'il est heureux, pourquoi serait-on triste.

 

Cette approche explique aussi que les enterrements d’enfants soient plus joyeux que les enterrements d’adultes, car l’on considère que l’esprit d’un enfant étant pur et qu’il est donc nécessairement au paradis.

 

Malgré cette approche moins solennelle des obsèques, le corps du défunt provoque la peur, on craint qu’il puisse transmettre des maladies. C’est pourquoi, la mise en bière est souvent rapide et que le défunt n’est pas enterré près des habitations.  Cette méfiance du défunt, se traduit par le recours généralisé à des maisons mortuaires.

 

Néanmoins, il arrive que le corps soit embaumé et exposé aux regards de ses proches à travers un cercueil de verre. L’embaumement est fréquent en Argentine et illustre le refus de la visison de la déchéance du corps qui s’oppose à la mort comme un passage vers une autre vie. Ce refus explique en outre le taux faible de cérmation en Argentine.

 

La plupart du temps, les défunts reposent dans un cercueil au sein d’une chapelle ardente ornée de croix, de cierges, de cordons autour du catafalque et, surtout, de beaucoup de fleurs.

 


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C'est une étape de la vie à passer comme le Bac ou le mariage en réalité. Les argentins nous le rappellent !