L’Amour extra large
Quand les dernières volontés font sourire...
Généralement, les dernières volontés d’un mourant suscitent chez le spectateur le moins émotif la tentation de sortir son mouchoir. Ce n’est pas le cas pour celles du révérend Larsen qui ouvrent L’Amour extra-large, une comédie drôle et bien enlevée réalisée en 2001 par les frères Farrely (Mary à tout prix, Fous d’Irène…).
Vivent les antidouleurs !
L’Amour extra-large débute tristement ; dans une chambre d’hôpital où un médecin en blouse blanche constate que le malade qu’il a sous les yeux ne quittera désormais son lit que pour le cimetière… « Le révérend n’en a plus pour longtemps », indique-t-il à Mme Larsen qui attendait des nouvelles dans le couloir en compagnie de son fils de neuf ans, un petit gros prénommé Hal.
Mais que cette future veuve ne s’inquiète pas : « Compte tenu des antidouleurs qui lui sont administrés, le révérend ne souffre absolument pas… »Rassurée sur ce point, Mme Larsen indique alors qu’il est temps pour Hal d’aller voir son père pour la dernière fois. Grimace du praticien : « Non. Il faut y renoncer car avec ce qu’il prend comme analgésiques, le révérend a les idées… un peu confuses. »
Bien sûr, ce genre d’argument laisse de glace la femme du pasteur : « J’estime que mon fils a le droit de voir son père, dit-elle, de lui faire ses adieux… » Et d’ajouter : « Mon mari compte plus pour lui que n’importe qui au monde… »
De beaux et gros nichons
Le toubib ayant levé son véto, Hal se retrouve seul avec son père qui va alors lui livrer ses trois dernières volontés toutes liées à un sujet auquel fifils n’a pas encore l’âge de s’intéresser : le beau sexe. Toutefois si la première volonté le laisse indifférent - « N’habitue jamais Popaul à un numéro de cirque ! » - la deuxième le met mal à l’aise : « Ne fais jamais ce que j’ai fait ! J’ai aimé une fille, j’ai voulu l’épouser et pour finir, j’en ai bavé avec Betty… - Mais maman s’appelait Marianne…» répond Hal.
Enfin, le père lâche une troisième recommandation permettant de penser que le révérend Larsen n’est qu’un obsédé sexuel et L’Amour extra-large une comédie qui annonce des rires en cascade : « Je veux, indique-t-il à son fils, que tu te trouves un canon de beauté avec une paire de fesses à se damner et de beaux et gros nichons !
C’est comme ça que tu t’attireras les bonnes grâces du Seigneur. C’est écrit (il trouve la force de soulever sa bible). Oui, je te le dis. Rien de tel qu’un beau petit cul bien rond… »
La beauté intérieure
Et l’électrocardiogramme de devenir soudain aussi plat qu’une ligne droite… Mais entretemps, Hal a fait une promesse : « Tu seras fier de moi, papa ! » L’histoire du film peut alors débuter par une scène hilarante : le comportement de dragueur frénétique que Hal (Jack Black, épatant !) devenu trentenaire adopte sur une piste de danse pour tenter désespérément de lever le moindre canon… Si cette situation est classique, la suite l’est moins car Hal, contrairement à ce qu’il a promis, va tomber amoureux d’une obèse…
Ce coup de foudre est dû à une rencontre avec le gourou Tony Robins (dans son propre rôle), que Hal a rencontré fortuitement lors d’une panne d’ascenseur lui ayant permis de s’épancher sur son incapacité à séduire des canons rebutés par son physique de petit grassouillet…
Touché par le malheur de Hal, Robbins a décidé d’hypnotiser ce jeune macho afin qu’il ne voie plus chez la femme que l’intérieur d’elle-même : «Vous ne réagirez qu’à cela car c’est là, et pas ailleurs que se situe la vraie beauté d’un être !»
Résultat : Hal tombe éperdument amoureux d’une jeune femme de 135 kilos qu’il voit comme s’il s’agissait d’une beauté aussi désirable que son interprète Gwyneth Paltrow, beauté qu’un jeu subtil de caméra nous permet de voir aussi telle qu’elle est dans l’histoire…
Mais point n’est besoin de raconter la suite de ce film qui démontre que les dernières volontés d’un père ne sont pas toujours suivies d’effets. Une chose est sûre : le révérend Larsen aurait été fort contrarié de voir son cher Hal au bras de la « vraie » Rosemary Shanahan…
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