Dis-moi où tu as mal : Je te dirai pourquoi

Michel Odoul - Albin Michel - 2002

Ce livre est une façon de nous dire qu'il faut se réapproprier nos problèmes de santé et ne pas tout attendre des autres, se responsabiliser. Son mérite est surtout de nous faire prendre conscience (pour ceux qui n'en n'ont pas encore conscience) que les maux du corps sont intimement liés aux mots ou aux émotions qui n'ont pas pu être exprimés ou émerger à la conscience. Il ne faut cependant pas le voir comme un dictionnaire qui apporterait une réponse immédiate en faisant un lien précis entre une pathologie et un problème psychologique. Il a le grand mérite d'ouvrir un questionnement que chacun de nous devrait mettre en place lorsque le corps "parle" et tente de nous faire comprendre quelquechose. Une piste aux antipodes de celle des traitements classiques actuels qui tentent d'associer à chaque problème de santé une molécule en guise de réponse.

Enfin un livre, qui, même succinctement, nous met sur la voix de la compréhension de nous-même, et nous soulage en mettant des mots simples sur des problèmes profonds et nous donne envie d’en savoir plus sur les différentes techniques de soin par la conscience.

Je le fais régulièrement découvrir dans mon entourage parce qu’il est léger mais simple et juste. Une référence dans son domaine pour qui s'intéresse au décryptage psychosomatique. Une aide précieuse.


Veuf

De Jean-Louis Fournier - Editions Stock - 2011
 

« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre.

Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement....Voir la vidéo

J’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m’a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m’a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie. »

Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.

 


Pages