Sélection de Littérature

 

Vivre sans toi... : Témoigner après la mort d'un frère ou d'une soeur

De Angela Triponel et Nathalie Hamza - Editions Chronique Sociale - 2010

 

Le deuil d'un frère ou d'une soeur est spécifique, différent de celui d'un parent ou d'un autre membre de la famille.
Il est peu reconnu, souvent minimisé ou ignoré, et vécu dans l'isolement et le silence. Mais ce décès, qui n'est pas dans l'ordre des choses, bouleverse tout l'équilibre de la famille.

Rien ne sera plus jamais comme avant. Des jours, des mois, des années, des décennies après le décès (par accident, maladie, suicide, mort subite, assassinat...) ou la disparition de leurs frères et sœurs, quatre-vingt onze personnes de tous âges offrent dans ce recueil leurs textes et leurs poèmes.

Leurs témoignages sont présentés à l'état brut, sans commentaires. Ils sont rassemblés par thème, et chaque thème s'ouvre par l'introduction de Danielle Colas-Idelman, psychothérapeute.

Cet ensemble inédit donne des repères et des ressources pour traverser cette épreuve. Ce sont des témoignages avant tout de souffrance, mais ils parlent en même temps d'espoir, de confiance et de reconstruction. Ce sont des témoignages de vie.

Destinés en tout premier lieu aux frères et soeurs endeuillés, ces témoignages peuvent aider aussi les parents à mieux comprendre ce que vivent leurs enfants. Ils s'adressent à la famille tout entière : grands-parents, oncles et tantes, cousins, enfants et petits-enfants, aux proches et aux professionnels qui accompagnent ces personnes endeuillées, et à tous ceux touchés de près ou de loin par le deuil.


Version Live

de Sigolène Prébois - Editions P.O.L - 2010

 

Rien de plus tristement banal, en principe, que ce que raconte ce livre puisqu'il y est question des derniers jours d'une mère, de son agonie, telle que l'ont vécue ses enfants.

Mais cette histoire n'est pas seulement faite de mots – d'ailleurs justement choisis, pleins de pudeur – elle est aussi faite d'images. Sigolène Prébois a mis tout son grand talent de dessinatrice au service d'une émotion filiale exprimée avec délicatesse y compris dans les situations les plus difficiles. Sans doute parce que ses dessins relèvent d'un imaginaire encore très relié à l'enfance, plein de candeur, de gravité, d'humour aussi.

Ainsi la cellule familiale rapprochée, la mère, le frère et la sœur, les enfants, le compagnon, la meilleure amie, sont-ils représentés comme d'aimables animaux : pivert pour la mère, écureuil pour la fille, qui est donc aussi la narratrice, ornithorynque pour le frère, etc., tandis que les autres personnages le sont sous les traits d'humains classiques.

Ainsi la simplicité du dessin rend la moindre variation, le moindre tremblement de plume intensément dramatique. Ainsi, à la justesse du dessin correspond le choix si juste des moments racontés, significatifs, exemplaires, comme vus par un enfant lucide qui regarde et comprend ce qui se passe et qui, surtout, ressent et nous fait ressentir quel amour lie chacun à chacun et à tous à ces moments-là, précisément.

 


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