Un dimanche matin
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"L'âme des animaux"
L’essentiel ne meurt pas… Il demeure…
Un dimanche matin de février le téléphone a sonné ; je le savais, il s’en était allé, mon ami, mon frère, celui dont il n’était pas pensable de me séparer…
Deux mois de souffrances, des semaines d’espérance, de couloirs d’hôpital, de froideur, une intime présence, puis : la délivrance.
32 ans il avait, non, 32 il aurait pu avoir quelques jours plus tard… trop tard.
Debout au pied de ce lit trop étroit, trop rigide, trop laid, son corps est à présent saucissonné par les bons soins des soignants. Plus d’accès au regard, à une main, plus rien que cette écorce tombée d’un arbre fragile et condamné. J’hésite… Je ne sais… Je sens la brise entrer par la fenêtre basculante entrouverte, elle ne l’a jamais été jusqu’à présent. Ce qui me frappe : l’air est léger, je ressens une apesanteur, nul doute ; la souffrance est chassée, IL est libéré, je le sais, je le sens, je le vois.
La nuit qui a précédé, il est venu me voir et nous nous sommes consultés, il m’a demandé : « Es-tu prête ? ». Je lui ai dit : Oui, va, libère-toi, c’est le moment, tout est bien, sois tranquille… ». Je ne l’ai pas rêvé, il était là, nous étions là, juste au dessous du plafond, baignés dans une ouate douillette, libérés de nos corps, non, je ne l’ai pas rêvé, j’étais éveillée, je ne l’ai pas rêvé, c’était réalité, intense réalité.
Ce n’était pas une première, souvent nous communiquions par ce que l’on appelle « la télépathie », nous savions quand l’autre était en difficulté, même s’il se trouvait à des milliers de kilomètres. Nous savions nous parler sans paroles, il suffisait de silences parfois pour tout savoir…
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Témoignage
Suis-je triste ? Figée au pied de ce lit je lui dis : « A présent c’est à toi de m’aider…, je vais devoir apprendre tes jours d’absence, ta voix muette, tes yeux évanouis, ton parfum volatilisé… Je ne sais pas encore tout ça, tu vas devoir m’expliquer. »
Le miracle est arrivé : une force inconnue, un souffle prodigieux m’ont portée des mois, des années. Il était là, invisible et présent, il était là, chaque fois que je lui demandais, il me lançait des signes, me balisait ma route. Il ne m’a pas abandonnée, il m’a simplement précédée. Il est toujours là, 16 ans plus tard, je le sais.
Point de religion, point de déraison, juste un peu d’attention pour cet ailleurs que nous ne voyons pas, mais qui tente de nous ouvrir le cœur quand nous le croyons ravagé, à jamais brisé.
L’âme hors nous donne aussi ces prodigieux cadeaux qu’il faut savoir recevoir…











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