Virginie Pons

Stress et deuil

Nous sommes tous confrontés dans notre existence à la mort d’un proche, d’un ami.  C’est le cycle normal de la vie.

L’impact émotionnel d’un deuil, nous confronte à un malaise, un mal-être, aux peurs et aux angoisses, vecteurs de stress...La mort d’un conjoint ou d’un être cher, selon l’échelle d’évaluation Homes et Rahe établie sur une population adulte aux Etats-Unis est de 100 %.

Le taux de stress est de 100 %, quelque soit les raisons du décès. Que nous soyons prévenus, informés, dans le cas d’une maladie, de la probabilité du décès d’un proche où qu’il soit soudain, lors d’un accident.

Le deuil affecte notre affect, notre émotionnel, il nous renvoie à l’ultime existence de notre vie, à nos peurs, nos angoisses, associés à un sentiment de perte, de manque.

Ces réactions peuvent être immédiates ou s’installer progressivement, le temps confirmant l’absence, l’inéluctable.

Nous pouvons exprimer nos émotions immédiatement par les pleurs, ce qui se produit le plus souvent. Cette réaction est salutaire, elle nous permet de libérer la tristesse qui nous envahit

Il arrive parfois que cette émotion soit refoulée, par notre système de croyance, d’éducation, le sentiment de devoir rester fort pour ceux qui restent.. Cette situation génère des tensions au niveau de notre corps, de notre psychisme et à l’image d’une poupée russe s’empilent pouvant créer un burn-out.

Notre environnement, notre mode d’éducation,  notre personnalité, notre situation familiale, voire notre situation professionnelle, peuvent nous inciter à refouler nos sentiments liés au deuil nous sentant dans l’obligation de devoir continuer notre vie,  quoi que cela nous en coûte.

Nous pouvons traverser cette période, avec le sentiment de la continuité de notre vie, mais aussi avec le sentiment de continuer notre vie ici et maintenant, tout en se sentant intérieurement ailleurs, avec le ou la disparu(e). Le sentiment que nous sommes parmi les autres, tout en étant ailleurs, sentiment de vide, de désintérêt. On peut entendre la sollicitude, l’empathie de nos proches, nos collègues, amis tout en se sentant étranger à ce qui se passe autour de nous.

Le deuil peut nous renvoyer à des doutes, de la culpabilité. Le regret de ne pas avoir su ou pris le temps de nous exprimer auprès de l’être aimé, de ne pas avoir assez profité des moments de la vie en sa compagnie. Il peut également générer le syndrome du survivant.

Lorsqu’il s’agit d’un parent proche, avec une relation conflictuelle, le deuil se superpose au deuil que nous ne serons ou ne pourrons plus être aimé par celle-ci.

Un sentiment d’injustice apparaît également, souvent lors de la perte d’un enfant, d’une personne jeune mais aussi lorsqu’il s’agit d’un parent que l’on aurait aimé que sa descendance connaisse.

Le regret, l’injustice nous amène souvent au sentiment de colère, sentiment souvent refoulé, la colère étant une émotion souvent jugée négativement par autrui. Et pourtant, la colère est saine et salutaire, lorsque nous sommes révoltés par le départ d’un être cher. Elle mérite d’être entendue et exprimée pour pouvoir s’en libérer.

Avec le deuil, nous sommes bien souvent en dualité avec nous-mêmes, origine de bien des souffrances.

Le stress se manifeste plus souvent lorsque l’on se sent divisé à l’intérieur de nous-mêmes, entre un désir ou un besoin et une peur. Cette situation engendre des croyances négatives importantes.

Le stress est un réflexe de défense, une réponse physique et physiologique de notre organisme à l’agression qu’il subit.

Cette réponse est stéréotypée, car elle emprunte toujours les mêmes circuits, déclenche les mêmes mécanismes au niveau du cerveau, entraîne les mêmes modifications biologiques, symptomatiques et organiques.

Elle est non spécifique car elle est toujours de même type quelque soit la stimulation, c’est ce que l’on nomme le syndrome général d’adaptation.

 

Le stress se déroule en trois phases

La phase d’alarme qui sollicite notre système nerveux sympathique, des réactions émotionnelles, neurovégétatives et motrices apparaissent (anxiété, inquiétude, accélération du rythme cardiaque, sensation d’oppression, élévation de la tension artérielle… , tétanisation, contractions musculaires, tremblements).

Ces changements biologiques peuvent nous faire vivre un problème de façon exagérée et entraîner un agent stressant de plus en plus important pouvant entraîner une chronicité, faire naître une peur.

Si une solution est trouvée durant cette phase face à un agresseur ou à un agent stresseur, notre corps retrouve son équilibre. Si une solution n’est pas trouvée ou appropriée une deuxième phase se met en route.

Il s’agit de la phase de résistance ou phase d’adaptation qui active la voie lente de notre système parasympathique, elle permet d’élever notre seuil de tolérance face à notre douleur et d’augmenter notre endurance.

Si l’adaptation est réussie, le retour à la normale peut se faire. Si les capacités d’adaptation sont dépassées, une troisième phase intervient.

Il s’agit de la phase d’épuisement, celle pendant laquelle des symptômes plus ou moins graves apparaissent, comme la maladie d’un organe ou d’une fonction, dépression, troubles du comportement ou psychologiques, pouvant mener jusqu’à la mort.

Pour prévenir cette phase, il est important d’analyser les agents stresseurs qui nous perturbent et être à l’écoute de nos réactions corporelles et de mettre en place des stratégies d’adaptation sur les plans physiologiques, psychologiques et organisationnel.

Cet état d’alerte épuise notre système immunitaire et produits divers symptômes, au niveau physique (fatigue, perte de concentration contractures, pertes de l’appétit…), au niveau psychologique (sentiments de résignation, perte de confiance en soi, perte de sens…, au niveau émotionnel (sentiment de malaise, de mal être, d’inconfort…), au niveau intellectuel (difficultés de concentration, troubles de la mémoire…).

Il devient alors important d’en avoir conscience au  moment d’un deuil, d’en faire une analyse et de prendre du recul par rapport à son comportement et aux événements qui en découlent.

La psychothérapie, la gestion du stress aide à traverser cette période douloureuse.

Elle permet d’exprimer, en face à face, mais également par l’écriture ,téléphone, skype sos difficultés du moment, ses ressentis, ses émotions, ses pensées face à ce deuil qui a éveillé stress, angoisse, peur, anxiété. Cela devient un moyen pour chacun de se vider l’esprit, d’évacuer ses douleurs, ses tensions et de prendre de la distance, du recul face à cette situation.

L’expression par le mail, le téléphone, skype est accessible quelque son emploi du temps.

En retour, il y a prise de  conscience sur sa façon ou ses façons de réagir face à un ou des agent(s) stresseur(s), que la tristesse, la colère, l’apathie sont des réactions logiques et salutaires, que ses attitudes sont autant de réactions de survie et dépendent de la façon dont on perçoit sa situation.

La psychothérapie associé à la gestion du stress est un outil  permet de prendre du recul et d’adapter des stratégies d’adaptation en prenant conscience de :

Ce que l’on peut changer en soi, face à cet événement venant de l’extérieur, sachant que l’on ne peut pas changer l’extérieur.

La psychothérapie allié à la gestion du stress aident à se déconnecter d’un environnement vécu comme agressif et qui se réveille face à une situation, à diminuer ses tensions psychiques et corporelles en bénéficiant d’une aide à recréer un lien entre le corps et l’esprit, à faire le vide dans sa tête et son corps, à dominer les effets du stress.

Les solutions d’adaptation quelles soient physiologiques, psychologiques ou organisationnelles sont propres à chacun d’entre nous en fonction de notre vécu. Les outils proposés d’aide à la gestion de votre stress sont donc adaptés à votre situation.

Un travail thérapeutique est bénéfique s’il s’applique au quotidien. L’objectif de mon travail est de vous permettre de découvrir les moyens, points forts, points faibles, dont vous disposez pour transformer vos difficultés, en expériences et réussir à accepter et vivre le deuil, dans le respect de vous-même, de vos proches et des personnes disparues.

 


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