Soins palliatifs et euthanasie
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"L'âme des animaux"
On les oppose, ils sont l’objet de débats contradictoires. Que se cache-t-il sous ces mots et ces pratiques ? Il est essentiel pour beaucoup de prendre parti, comme s’il s’agissait de choisir, de classifier, d’afficher son appartenance à un courant… de quoi, d’ailleurs, on se le demande bien…
Les professionnels qui exercent en soins palliatifs, mais aussi les bénévoles sont montrés du doigt, quelquefois même selon certains âpres défenseurs de l’euthanasie ils seraient presque des « fanatiques » se rattachant à quelque croyance religieuse ou morale…
Je caricature à peine. Il faut s’opposer, il faut légiférer, avoir tort, avoir raison, polémiquer.
Que de temps, que de salive, que d’énergie gaspillée…
La mort étant encore ce spectre redoutable dont il est si difficile de parler, un évènement que l’on préfère oublier, extraire de nos pensées, il n’est pas étonnant que le débat qui s’agite autour de la fin de vie déchaîne les passions.
Et pourtant, ne s’agit-il pas là d’un état des plus naturels que de passer de vie à « trépas » de même que nous sommes venus à la vie le jour de notre naissance ? Parlons-en… Nous savons aujourd’hui à quel point ce « passage » peut être violent pour le petit être qui arrive parmi nous.
Mais c’est sans compter avec les souffrances que l’on attribue à l’agonie, aux derniers moments de la vie, à ces manifestations physiques qui nous terrorisent et signent le départ d’un être cher que l’on aimerait garder parmi nous. Notre souffrance se mêle aux évènements et toute expression du mourant est perçue comme douloureuse. C’est bien entendu quelquefois le cas, et même souvent dans les services de grands malades, d’accidentés, de brûlés, etc. Mais ne reconnaît-on pas que nous avons une panoplie de solutions pour atténuer, endormir, ou éliminer la souffrance ? Face aux cas les plus graves on va jusqu’à plonger dans des comas artificiels.
Marie de Hennezel, la grande « prêtresse » des soins palliatifs a bien su nous expliquer de quoi il retourne. Une partie de sa vie dédiée aux services de soins palliatifs et au service des mourants. On lui attribue souvent un « parti pris » un engagement qui vaut militantisme et pourtant elle s’en défend bien. C’est sans véhémence et avec beaucoup d’humilité qu’elle parle des êtres humains qu’elle a rencontrés, qu’elle a assistés, des dizaines et des dizaines de témoignages de fin de vie attachants, déroutants quelquefois, émouvants toujours.
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Tabou
De la même façon que nous ne nous souvenons pas de notre naissance, notre future mort reste une grande inconnue. Notre manque de maîtrise face à cet évènement ultime de notre vie nous plonge dans une appréhension qui nous fait anticiper ce que pourrait être notre attitude à ce moment. N’est-ce pas préjuger de ce dont nous sommes capables, ou pas ? La vie pourtant nous sert chaque jour de grandes leçons sur des facultés que nous avons déployées dans bien des domaines de nos vies.
Alors, faut-il légiférer ?
Chaque être humain est unique (même les jumeaux). Nous avons cette fâcheuse tendance à vouloir tout formater, réguler, anticiper… C’est notre époque qui exige ça, c’est la « tendance ». Il faut absolument savoir ce qui est juste ou pas, ce qui est mal, ce qui est bien, ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Mais en la circonstance, nous ne détiendrons jamais de vérité et c’est ce qui fait notre richesse.
Si nous faisions davantage confiance aux êtres humains que nous sommes, si nous avions une plus haute idée de la vie et de la mort, je ne crois pas que ce débat serait sur « le tapis ».
Dans d’autres lieux à notre époque, dans d’autres époques en nos lieux, les mourants ont et avaient une juste place parmi les vivants. Une place de choix : veillés par la famille, les proches. Honorés, écoutés, respectés. Avons-nous à ce point oublié ?
Le cœur, le bon sens, l’amour, la tolérance, ne pourront pas être remplacés par des lois absurdes au sein d’un monde qui l’est tout autant.
Donner la mort ? La question que l’on doit se poser est : qui offrira ce cadeau fatal ? Une fois reçu, plus question de le reprendre même s’il ne convenait pas à celui à qui il était destiné, et ça, peut-on le savoir et comment ???
Reste aussi à définir ce qu’est réellement cette euthanasie dont on parle tant. Car pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous, laisser partir quelqu’un en débranchant une machine, alors même que le corps de la personne ne dispose pas des fonctions minimums pour pouvoir se maintenir en vie, n’est pas à mon sens de l’euthanasie, c’est un acte de charité, ce n’est pas donner la mort, c’est respecter la vie.
L’acharnement thérapeutique n’a pas sa place dans un monde humanisé… Et il faut beaucoup d’hypocrisie pour accuser d’avoir donné la mort quand on se contente de respecter la vie, même si l’on doit pour cela apaiser la souffrance de la défaillance du corps en permettant une médication fatale. Mais voilà, on aime la polémique, déchaîner les passions autour d’un débat stérile qui n’apportera jamais la solution que l’on aimerait tant : vivre l’éternité en ce monde…
Derniers commentaires

il me parait que ce qu'on appelle les soins palliatifs (exclusifs des soins curatifs devenus inutiles), c'est tout simplement le travail de base des médecins: ne pas laisser souffrir, ne pas s'obstiner pour rien, accompagner le malade et ses proches, faut-il pour cela des chambres spéciales, des lits attribués? je ne sais pas... cela fait de la mort une spécialité, à l'écart de la vie, et çà ne me parait pas bien de séparer ainsi la vie de la mort, opinion personnelle...
il me semble qu'il y a un temps pour les soins palliatifs, et qu'après un certain temps, certains peuvent préférer la mort délivrance plutôt que la continuation de l'agonie, et pour moi, on doit respecter le choix de chacun, ceux qui veulent attendre et ceux qui préfèrent accélérer les choses et ont besoin d'aide pour cela.
ce n'est pas aux autres d'en juger, ce n'est que l'intéressé qui sait ce qu'il peut accepter ou non, en fonction de sa philosophie de vie
il faut savoir que la loi actuelle permet au médecin de prolonger toute vie contre le gré du malade inconscient, puisqu'il est seul à décider de ses actes, déraisonnables ou pas!
je ne veux pas qu'un étranger, fusse-t-il médecin, décide de ma vie!











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