Virginie Pons

Si je pouvais choisir ma mort

Un infarctus, car je n’aurais pas le temps de souffrir ni de réaliser que je m’en vais, je n’ai jamais aimé les au revoir.

Quand ?

Avant de me transformer en légume aigri. Je ne supporte pas de me sentir inutile, et incapable. A quoi bon passer la fin de sa vie à attendre la mort. J’aimerais mourir lorsque j’aurais le sentiment d’avoir accompli mes envies, et épuisé mes ressources.

Ce qui m’importe c’est de mourir en sachant qu’on a été aimé. Cela peut paraître égoïste, mais mourir sachant que l’on va manquer à quelqu’un est bien plus rassurant que de mourir seul.


Mon expérience de la mort

 

Mon grand-père est mort d’un infarctus lorsque j’avais 14 ans. Le soir de ma rentrée scolaire en 4ème, alors que nous regardions les informations à la télévision en famille, le téléphone se mit à sonner.  Je décrochai, ayant à peine le temps de dire « allo », ma grand-mère me priait  de parler à ma mère pour lui annoncer la terrible nouvelle. Un vent de panique souffla alors dans la maison. Ma mère sauta dans sa voiture pour rejoindre ma grand mère, pendant que mon père nous consolait.  J’en ai pleuré toute la nuit.

Le jour des obsèques, j’ai plus été attristée  par le désespoir et le malheur de ma famille que par la mort de mon grand père. Je garde le souvenir d’un homme en bonne santé et heureux qui nous aimait. Juste avant de mourir, il avait réalisé son rêve de survoler le grand canyon aux Etats Unis.  Il nous quitta à son retour en France sans douleur, que peut on souhaiter de mieux ?

 

 

Mes attentes des obsèques

 

La perte d’un proche est déjà triste en soit, pas besoin d’en rajouter des couches avec un orgue et des témoignages à vous faire vider votre paquet de mouchoirs. Je n’aimerais pas que l’on montre ma dépouille lors de mes obsèques, je veux que les gens garde de moi l’image de quelqu’un de vivant. Je voudrais être incinérée et que l’on répande mes cendres dans un lieu signifiant. Je n’aime pas l’idée que mon corps puisse se décomposer dans une boite sous terre.  C’est pourquoi  j’encourage les dons d’organes.

J’entends souvent dire que la mort fait partie de notre quotidien. Je pense sincèrement qu'en France  l’on n’est beaucoup moins exposé à la mort que certains pays en guerre par exemple.  Et ainsi donc, on y est beaucoup moins bien préparé, d’où nos peurs.

 


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Derniers commentaires

"J’entends souvent dire que la mort fait parti de notre quotidien. Je pense sincèrement en France que l’on n’est beaucoup moins exposé à la mort que certains pays en guerre par exemple.  Et ainsi donc, on y est beaucoup moins bien préparé, d’où nos peurs."

Je suis totalement d'accrod avec vous, nous avons peur de ce que nous ne conaissaons pas, certes, mais apprendre à le connaitre,c'est mieux l'appréhender et en quelque sorte mieux l'accepter...


 


j'aime les enterrements joyeux de nos anciens paysans, c'est ainsi qu'on a enterré mon beau père en 1972, en Bourgogne, et c'était un banquet de famille - étendue- joyeux, où chacun rappelait ses souvenirs partagés avec celui qui venait de mourir
l'enterrement de Brassens
les enterrements fête à madagascar, le retournement des morts, impressionnant pour nous, mais tellement ordinaire pour eux
d'autres approches de la mort en Afrique, qui laissent sereins ceux qui restent, dans une grande solidarité