A quel âge est-on "vieux"?

Question à laquelle il est difficile de répondre car malgré le vieillissement obligatoire de nos organes, cellules et tissus communs à tous, certains sont en pleine forme à 80 ans alors que d'autres ont des déficiences dès l'âge de 60 ans, voire bien avant.

Devant le vieillissement nous ne sommes pas tous égaux. En fait ce qui définit aujourd'hui la notion de grand âge c'est la dépendance. Dans un avenir très proche les équilibres entre les jeunes et les vieux au sein de la population française devraient se modifier en profondeur.

Ce que l’on appelle aujourd’hui le « papy boom » concerne les générations nées après la Seconde guerre mondiale. En soixante ans, entre 1950 et 2010, la population de la France métropolitaine est passée de 45,5 millions à 62,8 millions de personnes soit une augmentation de 38%.

Dans le même temps le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans a plus que doublé en passant de 6,7 millions à 14,6 millions. Les personnes nées entre 1945 et 1975 forment des classes d’âge très fournies qui, vers 2030, composeront la majorité des personnes de 60 ans et plus. Certaines ont déjà atteint l’âge de la retraite ou presque et elles seront en 2025 dans ce que l’on appelle aujourd’hui le quatrième âge.

Grâce aux progrès de la médecine et aux conditions de vie sanitaires plus développées, elles bénéficieront d'une espérance de vie nettement plus longue que leurs aînés : en 2004, on a franchi, hommes et femmes confondus, le seuil historique des 80 ans. A l’horizon 2050 le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus, qui est actuellement de 12,6 millions soit 22,6% de la population, devrait passer à 22,3 millions, soit une augmentation de 80 % !

La Mairie de Paris a calculé qu'en 2035 un Parisien sur trois aura plus de 60 ans... et la France devrait compter près de 150 000 centenaires à cette même date. Avec une telle pyramide des âges, le vieillissement de la population est inéluctable, quelles que soient les régions de France. Seule l’Ile-de-France serait la moins touchée.

Le vieillissement de la population provoque donc l'augmentation de la consommation de soins et de médicaments, donc de dépenses de santé. Selon certaines hypothèses, il y aurait entre 2000 et 2050 une croissance de 40 % de la dépense de santé due uniquement au vieillissement et le budget de la santé finirait par représenter le tiers du PIB...

Mais ce vieillissement entraîne également une prise en charge plus importante des personnes âgées car malheureusement tout le monde ne vieillit pas de la même façon. Cette prise en charge peut de moins en moins reposer sur les proches, en raison de la réduction de la taille des familles, de leur éclatement géographique, de la croissance de l'emploi des femmes, etc. Si certaines personnes peuvent arriver à se suffire à elles-mêmes jusqu’à la fin de leurs jours, d’autres perdent leur autonomie.

 

On emploie souvent le terme de dépendance pour cette situation. L’un ou l’autre recouvre la même conséquence : l’impossibilité d’assurer seul des besoins essentiels. Cette dépendance est liée non seulement à l’état de santé de l’individu, mais aussi à son environnement matériel : une personne âgée se déplaçant difficilement sera très dépendante, voire confinée chez elle si elle habite en étage dans un immeuble sans ascenseur, mais plus autonome dans le cas contraire. Cette épreuve de la vie révèle parfois des côtés inattendus et le soutien familial est précieux mais pas suffisant.

Aujourd’hui plus de 90% de personnes âgées de plus de 60 ans vivent encore à domicile et environ 25 % des plus de 85 ans ont perdu leur autonomie. S’il est possible de maintenir la personne à domicile, elle va avoir recours à un service spécifique qui s'adresse à toutes celles qui se trouvent dans l'incapacité d'accomplir certaines tâches de la vie courante. Le maintien des personnes âgées à domicile se traduit par un accompagnement dans les tâches ménagères, administratives... et surtout un contact et une présence régulière.

Mais il n'y a pas que les personnes âgées qui deviennent dépendantes. D'autres beaucoup plus jeunes, atteintes par de graves maladies ou suite à un accident, se retrouvent dans la même situation. La famille là aussi doit faire face et parfois faire des choix entre le maintien à domicile et le placement dans un établissement.


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