Perdre un enfant modifie la libido. Le couple en danger ?
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Après la mort, la vie
La mort d'un enfant est difficile à accepter. Que l’on puisse y survivre est aussi douloureux que culpabilisant.
Si pour un petit nombre, le décès d’un enfant soude les parents, pour la majorité, il y a un risque de rupture.
Le traumatisme de ce « départ » dit « contre nature » les met face aux questions telles que : Pourquoi nous ? à qui la faute ? de vieilles rancœurs ressurgissent comme des réponses à l’inacceptable. Chacun juge l’autre et s’en défend.
Si le décès de l’enfant est dû à un suicide, la culpabilité est grande : à qui la faute ? Qu’est ce qu’on n’a pas su faire ? Ce sont ces interrogations vaines qui désespèrent les parents, car inconsciemment chacun reporte la responsabilité de ce drame sur l’autre.
Si le décès est dû à une maladie longue, il y a un contentieux de « non dit », d’actes manqués qui refont surface. Une colère, une haine parfois se cache chez l’un et l’autre, qu'ils essaient de contrôler, tant ils en ont honte.
Enfin, en général la perte d’un enfant favorise d’une façon parfois inconsciente, l’idée d’une malédiction ou d’une punition divine. Même si cela parait insensé, ces pensées font leur chemin dans ce cerveau empreint de douleur. Toutes ces questions construisent un mur de silence entre les parents qui n’osent pas en parler.
D’autre part, la douleur maternelle est perçue comme étant plus importante parce qu’elle a porté l’enfant. Ce passé physiologique prend une place prédominante aux yeux de tous. Elle règne en Maitre au royaume de la souffrance. De fait, la route du deuil, comme celle de la naissance sera vécue différemment pour l’homme ou pour la femme.
La mère, quand l’enfant disparait, sous une forme fantasmée tombe à nouveau enceinte de lui.
Elle cherche à retrouver le contact fusionnel du temps de la grossesse. L’époque où elle seule pouvait détecter la présence de l’enfant dans le monde invisible. Elle guette, traque à chaque instant le moindre indice qui pourrait lui rendre ce lien.
Le sentiment d’impuissance modifie sa libido. Pour certaines les pulsions sexuelles sont si fortes qu’elles se sentent dépassées par ce degré d’excitation. Si elles peuvent l’exprimer dans le couple tout va bien.
Parfois, le mari refuse ce type de sexualité qui lui fait peur. Cette attitude provoque chez sa femme de la honte et de la frustration. L’inconfort de ces intenses pulsions est difficile, certaines les assouvissent avec n’importe quel homme, sauf leurs maris à qui elles refusent tout rapport sexuel. Cependant, l’inverse aussi peut se produire, c’est l’absence totale de libido qui peut durer des années parfois, même le câlin, le simple touché affectueux, est insupportable.
Les pères eux aussi régressent, ils reviennent au temps de la gestation, ils sont à coté de la mère.
Ils la regardent pour comprendre, comme si elle détenait un savoir auquel ils n’ont pas accès. Ils doivent être forts mais pas insensibles, c’est si difficile le juste milieu ! Ils sont souvent maladroits pour parler de leur douleur ; mais en ont-ils le droit ? Ils sont confrontés à l’enfant fantôme qui est entre eux. Il prend toute la place, comme au temps des premiers jours, quand il ne faisait pas ses nuits. Cependant, cette fois, le père ne peut pas aider la mère. Certains tentent de retrouver « la femme » qu’ils aiment et essaient de reprendre leur place. C’est une tâche difficile où ils sont souvent rejetés, maudits, d’oser penser au plaisir, quand l’aiguillon de la vie s’appelle : douleur, manque, perte. Dans les yeux de sa femme il est un monstre. Ainsi la colère, la violence envers celle qu’il aime monte devant le mur où il s’échoue chaque soir.
Face à une femme qui a perdu toute libido deux types de réactions : Certains sont en accord et le couple n’a plus aucune relation sexuelle. D’autres vont voir ailleurs, pour sortir de ce regard où ils imaginent tant de reproches. Il y a aussi des hommes qui ont besoin d’une sexualité compulsive pour évacuer leurs stress.
Quand un père est confronté à une demande sexuelle plus « hard » de la part de son épouse, il est soit en accord et le couple traversera cette période douloureuse ensemble, soit cette sexualité le dérange et s'il n’ose pas la refuser, il se sentira alors manipulé, utilisé comme un objet. De même si le désir sexuel est seulement motivé par le désir d’un autre enfant le mot « viol » pour définir ce qu’il ressent est employé. Il a l’impression que seul son sperme est convoité. Ces différentes situations sont des facteurs stressants qui peuvent provoquer un état d’impuissance, d’éjaculation précoce …
La traversée du deuil est une véritable tempête pour le couple. Il est donc conseillé de se faire aider après la perte d’un enfant pour que les expressions physiques, émotionnelles, psychologiques de la douleur ne détruisent pas le couple mais le renforce.










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