Les parents en deuil ont besoin des autres
La mort d'un enfant fait mal, dérange. Le silence de l'entourage, cette non-présence accentue la douleur. C'est cette atroce violence du vide qu'il faut affronter chaque jour seul et démuni.
Appel à notre famille, nos amis
· Nous aimerions que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui. Son coeur a battu, il a vécu, il est important encore pour nous ; nous avons besoin d'entendre son nom et de parler de lui ; alors, ne détournez pas la conversation. Cela nous serait doux, cela nous ferait sentir sa mystérieuse présence.
· Si nous sommes émus, que les larmes nous inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous nous avez blessé. C'est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque ! Merci à vous de nous avoir permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur guérit un peu plus
· Nous aimerions que vous n'essayiez pas d'oublier notre enfant, d'en effacer le souvenir. Pour nous ce serait le faire mourir une seconde fois.
· Être parent en deuil n'est pas contagieux ; ne vous éloignez pas de nous.
· Nous aimerions que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes ; c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint ou d'un animal.Nous pourrions bien en désirer un autre mais en aucun cas il ne sera un remplaçant de celui que nous avons perdu.
· Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris ; nous ne serons jamais, ni ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni guéri. Nous apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence.
· Nous aurons des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins psychiatrique.
· Ne nous proposez ni médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles temporaires. Le seul moyen de traverser un deuil, c'est de le vivre. Il faut accepter de souffrir avant de guérir.
· Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil. Peut-être allons-nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaques. Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies et aux accidents.
· Sachez, aussi, que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez de nous accepter dans l'état où nous sommes momentanément sans vous froisser.
· Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une personne. Nous ne serons plus celle ou celui que nous étions avant la mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais. Si vous attendez que nous revenions comme avant vous serez toujours frustré. Nous devenons des personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations et de nouvelles croyances. Nous vous en prions, efforcez-vous de refaire connaissance avec nous ; peut-être nous apprécierez-vous de nouveau ?
· Le jour anniversaire de la naissance de notre enfant et/ou celui de son décès sont très difficiles à vivre pour nous,. Nous aimerions qu'en ces occasions vous puissiez nous dire que vous pensez aussi à notre enfant. Quand nous sommes tranquilles et réservés, sachez que souvent nous pensons à lui ; alors, ne vous efforcez pas de nous divertir.
merci à vous d'avoir lu ceci
Merçi aux Amis Compatissants du Québec
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Quand vous dites " je ne peux et je ne veux pas y croire" , ce qui me vient en tête c'est que c'est naturel et que beaucoup d'autres personnes ressentent ou ont ressenti ça. Je ne suis pas sure qu'on puisse l'accepter ou vouloir l'accepter et en tout cas, le dire ainsi. Je crois juste qu'on en fait ce que l'on peut pour s'en "accommoder" (ce mot est laid, je sais). On apprend à vivre avec et c'est tout, il n'y a pas grand chose à en dire. Je pense que pour certains, on imagine nos proches en voyage, au ciel... C'est juste pour mieux s'en accommoder... pour que ca soit vivable et rester au près de ceux qui sont ici bas.
Quand aux autres qui ne parlent plus de votre fils laissez les... Il ne faut pas chercher de raisons à tout cela (ça peut être par peur de vous faire pleurer, par peur d’être mal a droit, par peur d’être soit même envahit par les sentiments...) le plus important c'est qu'il vive encore en vous!
Affectueusement,
Coralie











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