Nous allons tous mourir

Je ne vous apprend rien : en 2012, nous allons tous mourir. Certains prétendent qu'une grande catastrophe aura lieu, d'autres affirment qu'une élévation massive des consciences spirituelles se produira : beaucoup d'hypothèses ont été avancées, et nous aurons le fin mot de l'histoire à la fin de l'année. Dans tous les cas, janvier 2013 risque d'être passionnant.  

Au-delà de cette histoire de fin du monde (quelle désinvolture !), je vous le répète encore une fois :   Vous allez mourir.  

Ce ne sera peut-être pas en décembre, et j'espère que vous avez encore de longues et belles années devant vous. Mais cela ne renie pas la réalité de cette fin qu'on oublie souvent.  

Je ne souhaite pas plomber l'ambiance : il ne s'agit pas d'être triste, de porter le deuil, ou de s'habiller en noir, la tête voilée. Il s'agit bien de comprendre, chacun de façon individuelle, que ce phénomène nous concerne tous, et que nous ne connaissons pas la date.  

Si ça se trouve, je vais mourir demain. Ou dans dix jours. Ou dix ans. Ou peut-être pas avant très longtemps. Mais en fait, je n'en ai aucune idée.   D'où cette prise de conscience un peu curieuse, une fois les premiers sentiments de panique dépassés : si je meurs demain, comment aurais-je vécu ? Est-ce que ma vie aura été celle que je souhaitais ? Est-ce que je partirai avec des regrets ? Est-ce que j'aurai accompli mes rêves d'enfants ? 

Au début de notre vie, d'autres se sont occupés de nous. Nous avons grandi en portant en nous leurs espérances et leurs ambitions de façon plus ou moins voilée. Nous avons été façonnés par l'éducation que nos parents, notre famille, notre entourage nous ont donnée. Cette éducation nous a placés sur un chemin dont il est parfois difficile de se départir.   Je crois que la prise de conscience s'effectue au moment où cette question se pose : si je meurs demain, pourrais-je affirmer que le chemin que j'ai suivi était réellement le mien ?  

Imaginez la scène : votre médecin vous annonce qu'une maladie fulgurante vous mine, et que vous n'avez que quelque jours à vivre. Que faites-vous ? Il y a comme une urgence à vivre, quand on réalise qu'on peut mourir à tout instant, non ? Certains aspects de nos vies prennent du relief, d'autres comptent moins que ce que l'on croyait. Les problèmes qui nous tracassent semblent lointains et sans importance, alors qu'on se rapproche tout doucement de notre entourage, pour pouvoir leur dire une dernière fois qu'on les aime.  

En y réfléchissant, on se dit qu'on aurait pu mieux faire face à telle ou telle situation ; que peut-être, un peu plus de compassion et d'amour auraient pu faciliter la résolution d'un conflit ; qu'on aurait fait un choix différent pour notre vie.  

En fait, pourquoi attendons-nous d'être dans l'urgence d'une mort imminente pour nous en rendre compte ?  

C'est un cadeau merveilleux que cette prise de conscience de la mort : elle nous apprend que, comme dans la fameuse parabole biblique, nous devons veiller et toujours laisser nos lampes allumées. La Mort est là, patiente, bienveillante, et nous rappelle par sa présence implacable que notre vie doit être à la hauteur de nos rêves.  

 


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