Ecrit le 09/08/2015

Ce samedi 8 août je décidais comme tous les autres jours d’ouvrir  ma page Facebook afin de regarder un peu s’agiter le plus gros réseau social de la planète et de voir défiler quelques actualités, recettes de cuisines ou la vie passionnante (ou pas)  de bon nombre de mes contacts. C’est alors qu’un article remonté par un like attirait mon attention (pour celles et ceux qui n’utilisent pas Facebook, un « Like » est un petit onglet en forme de pouce levé qui permet aux utilisateurs de facebook de manifester leur approbation ou leur avis positif sur un statut, un lien publié, une photo … Quand l;un de vos contact « like » une publication et que celle –ci est en visionnage public, il arrive qu’elle soit publiée dans le fil de vos actualités).

Cet article concernait un couple de français décédés en début de semaine dans le désert du Nouveau–Mexique au Sud des Etats-Unis.

Par une température de 40 degrés, ils étaient partis en randonnée avec leur petit garçon de neuf ans et l’équivalent de deux bouteilles d’eau pour contenter leur soif. Ils n’avaient pas jugé bon de signer les registres d’entrée du site et l’heure d’entrée ayant été reconstituée aux alentours de 13h, il n’a pas fallu plus de deux heures et trente minutes pour que se succèdent déshydratation, malaise et mort. La mère avait décidé de rebrousser chemin car trop épuisée par la chaleur, le père avait souhaité continuer la randonnée. Ils furent retrouvés par hasard au cours d’une patrouille des rangers du parc, d’abord la mère dans la voiture puis en visionnant les photos de son appareil, les rangers réussirent à reconstituer le parcours et à trouver le père et le fils qui lui avait survécu, bien que sérieusement déshydraté et inconscient à l’arrivée des secours.

Le bilan était simple : un couple heureux, qui avait préparé ses vacances depuis de nombreux mois, une vie simple et agréable en France avec des situations professionnelles confortables, une jolie image d’Epinal déchirée à tout jamais avec en prime un petit garçon orphelin qui gardera des séquelles toute son existence de ce drame, un drame qui venait de lui ravager son enfance.

Alors commençait à me trotter dans la tête plusieurs questions. Je me demandais comment pouvait-on envisager une randonnée dans un désert avec un enfant de neuf ans, et pour seul équipement désaltérant l’équivalent de deux bouteilles d’eau.

Comment ne pas se poser cette question ? 

Comment ne pas avoir envie de hurler devant ces deux morts inutiles, presque bêtes.

Régulièrement, les médias nous abreuvent de situations similaires avec des parents ou même des personnes sans aucune progéniture qui s’aventurent dans des lieux hostiles sans expérience du terrain et non content de mettre en danger la vie de leurs enfants, provoquent le risque et le danger chez les sauveteurs chargés de venir les récupérer, ou pire, occasionnent des drames irréversibles. Quelquefois on entend quelques mots résonner à nos oreilles et s'imiscer insidieusement dans les articles et les interviews : c'est la faute au destin, à la fatalité !

Sans se positionner en juge, on finit par se demander si l’on peut plutôt parler d’inconscience plutôt que de fatalité.

Attardons nous quelques instants sur ces deux termes.

Destin versus réalité

La fatalité pourrait s’apparenter à ce que l’on appelle communément le destin ! Fatalité et Destin ont la même origine latine :  le « Fatum » . Ce qui est inéluctable, ce qui devait arriver, ce qui est écrit. Est-ce que la mort de ces deux personnes dans des conditions aussi abominables était écrite quelque part ? Mystère ! Etait-ce leur destin que de mourir durant leurs vacances aux cotés de leur enfant de neuf ans au beau milieu du désert du Nouveau-Mexique, y-a-t-il un sens à toute cette histoire ?  Il est bien difficile de répondre par l’affirmative.

La réalité, elle, est un peu plus accessible à notre compréhension et nous pouvons facilement nous positionner dans les réponses à certaines des questions qui vont suivre.

Est-ce que la mort par déshydratation aurait pu être évitée par ce couple : oui, s’ils s’étaient munis d’une quantité d’eau suffisante pour résister, le temps de s’apercevoir que la randonnée était bien trop éprouvante et de rebrousser chemin (ou de prévenir des secours).

Etait-il vraiment nécessaire d’emmener un enfant de neuf ans dans un randonnée aux conditions aussi extrêmes (il aurait pu perdre la vie lui aussi). La réponse est forcément non.

Conscience versus inconscience

La conscience se définit comme la perception plus ou moins immédiate de ce qui nous entoure. Est – on en mesure de parler ici d’inconscience ? Les centaines de commentaires qui se suivent au bas de toutes les chroniques du net évoquant ce drame font remonter ce terme de façon récurrente. L’inconscience dans toute sa splendeur.

Alors, on est en mesure de se demander quels sont les degrés de conscience qui peuvent nous être communs, à nous tous, adultes en état de réflexion jugée normale et optimale.

Est – il possible qu’à un moment donné de notre existence, notre conscience nous fasse défaut au point de mettre la vie d’autrui en danger, fût-ce-t-elle celle de nos propres enfants.

Il y a quelques années, une affaire de disparition d’enfants avaient fait la une de tous les médias, nationaux et internationaux. Au Portugal, la petite station balnéaire de Praia Da Luz devint tristement célèbre pour cette affaire que l’on appelle depuis 8 ans désormais, « l’affaire Maddie ». Madeleine Mac Cann, alias Maddie était âgée de presque 4 ans quand elle disparait de la chambre d’hôtel où elle dormait. Ses parents l’y avaient laissée en compagnie de leurs deux autres enfants puis s’étaient rendus dîner dans un restaurant à une centaine de mètres de l’hôtel. Le père avait décidé de revenir voir si tout allait bien aux alentours de 21h, puis au second passage vers 21h45, Maddie avait disparu et la fenêtre et les volets de la chambre étaient grand ouverts tandis que  les deux autres enfants eux, étaient encore là.

Enquêtes, rebondissements, médiatisation mondiale de la part des parents, la terre entière entendit parler de la disparition mystérieuse de cette petite fille.

Dans une émission diffusée sur France 5 et consacrée à l’affaire, une psychothérapeute présente sur le plateau avait posé une question judicieuse. Si tout le monde s’interrogeait (à juste titre, évidemment) des circonstances de la disparition de cette enfant, peu de gens ou pour ainsi dire personne ne s’était interrogé sur l’attitude des parents vis-à-vis de leurs enfants : est-ce une démarche logique et normale de laisser ses enfants de quatre et deux ans dormir seuls dans une chambre d’hôtel et de se rendre dîner dans un restaurant à une centaine de mètres de là.

Où commence l’inconscience ? Peut-elle être la cause effective de bon nombre des malheurs quotidiens qui nous assaillent et que certains s’évertuent à nommer « fatalité » ou « destin ». Est-ce qu’un peu de réflexion ne serait pas la bienvenue dans ce monde incroyablement cruel ?

A nous de réfléchir à cette éventualité et d’en tirer certaines leçons qui ne semblent être au final, que du bon sens.


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Derniers commentaires

Il y a 6 ans, notre fille, maman d'un enfant de 6 ans a perdu la vie, deux jours avant son 27ème anniversaire. Pour moi, il n'y a aucune fatalité dans cette disparition qui a ruiné nos vies. Elle a été tuée par un garçon de 25 ans qui après une nuit de fête n'a pas maîtrisé son véhicule, et ne lui a laissé aucune chance. Alcool, drogue, vitesse excessive, bien sûr. Le garçon a perdu la vie lui aussi, et mes pensées vont à sa famille, désespérée autant que nous.Ce n'était pas le destin de notre fille à qui tout souriait. La route est dangereuse, nous le savons, mais à cause de l'inconscience des hommes, pas par suite d'une quelconque fatalité.
Merci pour votre commentaire qui illustre parfaitement la chronique. Et merci d'avoir pris le temps de nous lire, nous sommes de tous coeurs avec vous dans l'épreuve qui vous a touchée.
Après mon premier post http://www.alloleciel.fr/discussion-generale_15730/de-nouvelles-pompes-funebres-saint-gilles-30800_41587, j'ai pris le temps de vous lire, c'est un très bon article qui illustre bien la différence entre fatalité et inconscience.

Cece.