Anne TRIPETTE

Mon fils

C'est très difficile de dire ce que je ressens depuis presque 10 jours, je n'arrive pas encore à réaliser vraiment que jamais plus, je ne pourrais serrer mon fils dans mes bras. Le manque s'installe peu à peu, jour après jour...

Il ne rentrera plus à la maison. La guitare restera silencieuse et je sombre, j'ai des vertiges, j'ai des hallucinations, je deviens folle...

Pourtant, il me faudra vivre avec cet éternel sentiment de manque, avec cette douleur tout au fond de mon être, avec ce chagrin perpétuel qui ne me lâchera plus jamais...

J'ai pleuré, je pleure et je pleurerais encore et toujours, en silence dans le soir quand je suis seule, quand les autres sont partis et que l'on ne peut me voir. Une souffrance qui est en moi désormais, qui m'accompagne qui parfois s'estompe mais ne me quitte jamais.

C'est assez complexe à expliquer...

Depuis ce Dimanche noir, je suis passée par des sentiments bizarres...le dénie, la colère, le sentiment d'injustice et d'abondon, la souffrance, le doute. Dans ma tête ça cognait, cognait jusqu'à exploser..

Dans mes entrailles, ça bouillonnait, ça bouillonnait jusqu'à vomir. Une sensation d'ivresse m'envahissait je perdais pied je coulais je me noyais.... Avec mes larmes, avec mon chagrin...

En apnée.

Et puis retour à la réalité....mes enfants à consoler, être forte pour eux, pour lui, parce qu'il n'aimait pas me voir triste.

Les formalités, mille choses à gérer, le temps semble s'être arrêté, il n'en est rien, le soleil continue à se lever chaque jour...

Les amis sont là, présents et affectueux.

La famille, le plus précieux des trésors, touchée par ce drame, unie comme toujours, présente autour de moi et des enfants. Elle est mon essentiel, mon phare dans la nuit qui me guide et me porte afin de trouver le chemin...

Je l'aime tant.

Et tout doucement, je fais un cheminent dans ma tête, je me pose des questions sur la vie et la mort, les mots du prête m'ont apaisés même si j'ai encore des doutes sur l'au-delà. Je relis Khalil Gibran et ses mots resonnent différement, ses mots ont pris un autre sens et me font du bien. Je n'ai plus peur de la mort car elle est en nous dès notre naissance, elle nous accompagne en silence tout au long de notre vie, simplement nous ne la voyons pas.

Aujourd'hui, je veux être en paix avec moi-même, je veux parler de mon fils encore et toujours en souriant et riant même. Je le pense, je le vois, je l'entends, je le vis car Il est moi et Je suis lui.

Je l'ai mis au monde, je l'ai condamné à mort ce même jour....

Il en est de même pour tous, c'est juste un peu trop tôt ... Il est là près de moi, il chante pour moi...Il m'aime et je l'aime et je sais qu'un jour je pourrais le serrer à nouveau dans mes bras.

Note écrite le 18 mai 2011  

 


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Derniers commentaires

Merci pour l'écriture, le partage. Je vais faire pareil, très prochainement, parce-que sinon je vais imploser !!... Et je serre la maman que je viens de lire dans mes bras de maman désenfantée. Nous sommes proches, tous, les uns des autres. Nathalie
merci Nathalie , nous nous comprenons et depuis cette tragédie , la morts des autres me touche encore plus dorénavant...je me suis rendu compte que je n'étais la seule sur ce chemin de douleur et malheureusement nous sommes impuissants face à la mort , alors ils faut nous soutenir
Malheureusement, nous ne sommes pas seules à vivre cette souffrance.
Courage à toutes les 2.