Le mal de vivre
Il est des sujets où de tous temps des hommes et des femmes ont écrit, ont réfléchi, médité... Et c'est le cas de celui de la mort. La mort est un sujet passionnant, car inconnu, il nous permet d’imaginer à peu près tout et n'importe quoi; du plus sobre au plus coloré, en passant par le farfelu....
Mais loin de vouloir vous conter une romance fabuleuse concernant ce vaste sujet, je préfère vous faire découvrir mes aspirations, mes craintes, mes espoirs...
Il est des soirs, lorsque l'obscurité éclaire la pièce de sa noirceur, où un épais voile sombre viens nous envelopper; je viens à réfléchir sur la mort. Parfois dans mon fauteuil, le plus souvent blotti dans mon lit, avant que le monde fabuleux des rêves daigne m'ouvrir ses portes, je pense à la mort. Les yeux tournés vers le plafond, je contemple l'avenir, j'imagine ma fin, la fin. J'y vois du noir, un abyssal infini, le néant, l'obscurité totale. J'imagine qu'il n'y a plus de terre, plus de soleil, plus d'univers, rien, du vide, encore du vide, toujours du vide. Un assourdissant silence rythme ce néant, il n'y a rien, plus rien, rien pour toujours et à jamais.
Alors me viennent ces nausées, je me sens mal, j'ai chaud, je perçois comme des coups derrière ma tête, le souffle me manque, je me lève d'un bond, me colle à ma porte suffoquant : « Non, non, je ne veux pas mourir, je ne peux pas mourir ». Le simple fait d’imaginer de ne plus revoir le soleil se lever derrière la colline, ne plus parler, rire chanter, vivre... fait naître en moi un mal, un mal de vivre.
Je n'ai jamais été attiré par les religions, avec leur hyperboles, leur paradis blanc et bleu, avec cette grille en or et les petits anges... Bien entendu, j'essaie, je m'efforce de croire en quelque chose, une force, une puissance; loin du dieu barbu, une sorte d'énergie universelle.
Pourquoi pas les dimensions non plus ? Plusieurs dimensions, mondes... après tout la science ne sait pas tout.
Il y a quelques temps j'ai lu une revue scientifique expliquant que des chercheurs américains ont mené des expériences sur des personnes, en phase finale. Ils les ont pesé juste avant de mourir, et après. Il s'avère qu'il y a une différence de 21g entre avant et après.
Est-ce la pression, l'eau... l'âme ? Nul ne le sait, peut être est-ce notre énergie vitale...
Notre âme si elle existe est-elle conscience ? Pense- t-on lorsque l'on meurt ? Lorsque l'on est mort ? au delà du corps ? Énigme.
Je lis toutes ces expériences de sorties de corps, tunnel blanc...Certains de mes proches décrivent avoir vécu ceci. Mais comme la plupart d'entre vous, je reste dubitatif. Ce qui m'intéresse également c'est d'où nous venons, question existentielle qui est identique à celle de la mort. Qui avait-il au delà des dinosaures, du big bang ? S'il y a eu déploiement d'énergie, d'où vient-elle ? Depuis quand est -elle là ? Qui avait- il avant ? Pourquoi ?
J'ai un jour questionné une amie pour savoir ce quelle pensait de la mort. Elle m'a répondu « Nous sommes déjà sorti du néant une fois, pourquoi pas deux.... ? » C'est simplement dit, mais plein de sagesse et de vérité.
Je vais vous conter une de mes aventures.
Passionné d'archéologie et d'histoire, j'ai un jour grâce à des autorisations, fait des recherches avec mon détecteur de métaux autours d'une chapelle de 1863. Mon détecteur a sonné, j'ai creusé, et sur quoi suis-je tombé ? Une dalle de pierre.
En la dégageant j'ai trouvé une cavité, cela descendait sous la chapelle. Avec mon cousin, nous avons pris une échelle, et je suis descendu le premier dans les profondeurs de la terre, bien équipé certes, mais impressionné par ce que je vivais. J'ai oublié de dire, que j'avais alors 17 ans et que mon cousin, adulte n'osait lui- même pas y entrer.
J'ai descendu donc ces barreaux d'échelle et suis tombé dans une petite salle avec sur mon côté gauche deux cercueils superposés et pourris, à leurs pieds, des crânes, environ 8 ossements... C'est alors que je vis un petit couloir sur ma droite, je m'y engouffrai seul et tombai sur une plus grande salle encore, et à ma droite une impressionnante lignée de cercueils empilés, éventrés, laissant apparaître les corps meurtris, de ces personnes qui n'étaient autre que des bonnes sœurs.
Imaginez-vous le sentiment que j'ai éprouvé à ce moment là, seul, dans cette pièce, devant tous ces corps. Étant en terminale, je voyais alors tous mes cours de philosophie sur la mort s'illuminer, se dégager dans mon esprit; tout devenait alors plus clair.
Il est vrai que lorsque l'on enterre ses proches, au delà de la douleur de la perte, on imagine pas à quoi ceux-ci « ressemblent » quelques temps après. Moi j'y pense, oui, moi qui ai vu comment nous serons réellement 300 ans après notre mort, si nous nous trouvons dans un caveau bien entendu.
J'ai alors développé un « syndrome de la philosophie », je ne vois plus rien pareil. Oui, j'ai 18 ans et voilà à quoi je pense, à cette chose appelée « mort » et que l'on a tendance à oublier, à éviter.
L’Homme a de tous temps essayé d'éviter l’inévitable, de se détourner de sa destinée, de la fatalité de son sort. Vie familiale, travail, enfants, soucis, passions, amis, intérêts... autant de conditions réunies pour éviter de penser à sa mort, ou à la mort de Tout.
Lorsque je fais des fêtes, il m'arrive d'imaginer combien de personnes ont fêté dans cette salle et ne sont aujourd'hui plus. J'ai cette vision différente de la vie. Je l'apprécie d'autant plus que j'ai vu cette mort, les traces qu'elle laisse, ainsi je suis toujours joyeux, le plus souvent possible souriant, altruiste car j'aime encore plus la vie, les autres...
Quel sort nous est réservé ? Où allons- nous ? Que ferons- nous ? Autant de questions qui me hantent tout de même, mais j'ai toute la vie pour penser à ma mort me direz vous.
Ce qui m'a le plus frappé avec ma macabre découverte c'est cette superstition à laquelle tous les Hommes depuis la préhistoire sont confrontés; celle de la crainte de ses morts. Superstition, que de voir revenir les fantômes, imaginer les morts nous hanter, nous maudire...
J'ai respecté les corps dans la crypte, mais ce que j'ai vu c'est que ce ne sont que des débris inoffensifs au même titre que des os de poulet que l'on laisse sur le coin de son assiette. Cette enveloppe corporelle n'est plus rien, comme la mue de serpent, le serpent n'y est plus, il n'y a plus de danger. Cette vision peut paraître crue, mais c'est la stricte vérité..
Ma passion pour l'Histoire découle-t-elle de ceci également, mon attirance pour les musées est une de mes aspirations inconscientes à l'éternité. Car rien n'y bouge, tout y est en place depuis le commencement du monde, à travers les vitrines je contemple le passé, celui que je n'ai pas vécu, mais tout y est, rien ne bouge. J'y suis rassuré car le temps semble ne pas avoir d'emprise sur tout ceci.
Voilà, loin d'avoir écrit un récit philosophique, je n'ai pas eu l'ambition de vous faire croire en quoi que ce soit, j'ai simplement délivré certains de mes sentiments, certaines de mes peurs... A vous de me dire ce que vous pensez de tout ceci, votre vision de la vie, de la mort.
Derniers commentaires
je pense que tout le monde s'est posé cette question un jour..d'où venons-nous , où allons-nous..
avant je craignais la mort , où plutôt le fait que tout puisse continuer sans moi , sûrement mon égocentrique^^ et puis aussi comme vous , ne plus voir le soleil , le bleu de la mer ou le vert de la nature..
maintenant , je ne la crains plus , je profite du jour sans me poser trop de questions , je pense que le corps n'est une enveloppe , l'âme survit ailleurs , dans un autre monde où elles peuvent être parfois en communication avec la Terre...je crois qu'il faut apprendre à penser autrement , ça parait irréel mais l'Univers est infini....


Je pense que c'est à partir de la mort que toutes les interrogations de l'homme jaillissent.
Autrefois, il y a longtemps, je ne me posais pas trop de questions mais à présent, ayant perdu toute ma famille surtout mon enfant, je vis avec la mort, je me suis beaucoup interrogée et je pense qu'il n'est pas normal de ne pas y penser, quand on part en voyage, on le prépare, on fait un itinéraire, on lit des cartes, ce grand voyage de l'au-delà que nous ferons tous un jour doit aussi être préparé. Bien entendu on ne doit pas vivre avec cette idée de la mort qui peut empêcher de vivre certain mais on peut mettre en ordre des choses, se réconcilier avec des gens, il faut vivre le moment présent, intensément, la vie est si fragile, la mort ne me fait pas peur parce que je sais que je retrouverais ceux que j'ai aimés et que je ne vois plus. Le chagrin c'est de laisser derrière nous ceux qui nous aiment, pour moi la plupart sont devant moi.













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