Le funambule
Quand je suis dans l’obligation d’informer mon interlocuteur de la mort de mon fils la réaction qui suit est souvent la même: « Oh pardon » puis « Cela doit être terrible » enfin « c’est le pire ». J’ai envie de lui dire : « Tais toi ! Ne mets pas des mots là où il n’y a n’a pas. Ne projette pas ta peur sur la mienne qui dort encore »
Comment partager cette souffrance ? La douleur est orpheline nous le savons tous.
J’ai cherché au plus profond de moi et j’ai trouvé cette métaphore : Le Funambule
J’avance sur un fil, au dessus d’un gouffre géant tendu entre deux montagnes. Les consignes sont simples :
Surtout regarder devant soi
Ne jamais se retourner
Un pas après l’autre
Ouvrir grand les bras
Respirer lentement et……….
Sourire
Mais parfois je glisse et je tombe dans un gouffre sans fin.
La chute est vertigineuse, je m’étouffe et je crie, le monde s’obscurcit. J’essaie de m’accrocher au vent au vide... mais rien n’arrête cette descente aux enfers.
Pourtant, alors que la nuit s’engouffre au fond de moi ; un chien, un chat, un sourire, un je t’aime, un rayon de soleil, un rire d’enfant, me jettent une corde a laquelle je m’accroche désespérément.
Je m’agrippe fermement à ce sourire, ce rire, cette vie qui m’appelle et je me hisse et remonte sur le fil de ma vie.
J’entends à nouveau cette petite voix qui me dit :
Surtout regarder devant soi
Ne jamais se retourner
Un pas après l’autre
Ouvrir grand les bras
Respirer lentement et……….
Sourire, sourire
Pour laisser danser la vie
Derniers commentaires











Ajouter un commentaire
Identifiez-vous ou devenez membrepour poster un commentaire.