Le deuil chez l’adolescent

Si la mort fait partie de la vie et que nous l'intégrons tous plus ou moins comme une des expériences les plus douloureuses, qu'en est-il des enfants et des adolescents ? Comment vivent-ils la disparition d'un proche, comme celle de leur père, mère, frère ou sœur ? Comment peuvent-ils se construire après le décès d'une personne tant aimée ?

A travers ce récit, je vous propose de vous faire part de mon expérience de psychologue clinicienne.

Marie ou l'adolescence entravée par la mort

Marie a 14 ans. Elle est amenée par sa mère et son beau-père à une consultation familiale psychologique.
Le couple se dit excédé par le comportement de Marie, qui multiplie les absences scolaires, fume du cannabis, et a de très mauvaises fréquentations. Elle fugue de la maison pour éviter de violentes disputes entre sa mère et elle.

Très vite, nous comprenons que "rien n'est comme avant", et ce depuis le décès d'Angélica, sa petite sœur de 3 ans, morte d'une maladie orpheline et seul enfant de ce couple recomposé.

La mère ne peut poursuivre la consultation, tant les sanglots l'envahissent. Le père courageusement explique qu'Angélica avait eu un diagnostic létal prononcé très rapidement par les médecins après sa naissance.

Marie, jeune adolescente si rebelle, reste dans son coin, tête baissée, très triste, sans mot dire. Lorsque j'interroge Marie sur cet évènement tragique, je comprends alors que c'est elle, qui durant les derniers mois de vie de sa sœur à laquelle elle était très attachée, l'a accompagnée jusqu'au dernier moment, la tenant dans ses bras à son dernier soupir.

La mère était dans le déni de la maladie de sa seconde fille et s’est effondrée à la mort de cette dernière. C’est alors Marie qui a pris sa place au sein de la maison. Elle fût celle qui accompagna l'enfant à la mort.

Les comportements de rébellion, de fugues, voire de violences seront à mettre en miroir avec la violence de ce que la jeune adolescente a supporté par amour de sa sœur et de la famille.

Au fil des séances, Marie pourra déposer en thérapie familiale toute la colère, l'injustice, et la peine qu'elle n'aura jamais pu exprimer chez elle auparavant, sentant l'extrême fragilité et désarroi de sa mère.

Comment peut-elle s’en sortir ?

La mort est différemment vécue selon l'âge auquel on y est confronté (petite enfance, adolescence), selon les circonstances (maladie, accident, drame...), selon la culture (occidentale, orientale...), la religion (chrétienne, musulmane, judaïque...).

Elle peut être plus facilement surmontée quand l'enfant se sent entouré et qu'il peut parler quand bon lui semble de sa peine, du manque et de sa tristesse.
L'aide psychologique peut aider l'enfant à traverser cette période "à vide".

Souvent, l'entourage a besoin d'un soutien également et un travail thérapeutique familial peut être envisagé quelques temps.


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Derniers commentaires

De tres bons conseils... Merci!
seule façon de vivre la mort des autres, pour moi: en parler
La première année est la plus difficile. J'avais d'ailleurs lu qu'il faut faire toutes les choses qu'on avait l'habitude de faire avec la personne décédée (Noël, vacances etc.p) au moins une fois, pour pouvoir ensuite vivre sereinement sans cette personne.