Virginie Pons

La promession, des funérailles écologiques

Ce procédé suédois se distingue de l'inhumation et de la crémation

 

En 1999, une nouvelle technique de funérailles est née. Une technique «écolo»: la promession, qui réduit le corps en poussière grâce à de l'azote liquide...

Gagner de la place, moins polluer la planète... Le marché de la mort n'échappe pas aux obsessions écologiques qui font la une de nos journaux et transforment progressivement nos façons de vivre et de penser.

 

Upright Burials

 

En Australie, une société de pompes funèbres, Upright Burials, a récemment inventé un type d'inhumation capable de réduire les cimetières et de faire gagner de l'argent à ses clients tout en émettant moins de gaz à effet de serre...

Son idée? Enterrer les défunts à la verticale, dans un sac biodégradable.

Mais cette nouvelle disposition des corps, pour intéressante qu'elle soit, n'est en rien révolutionnaire par rapport à celle de la promession, laquelle présente des avantages écologiques indéniables...

 

Susanne Wiigh-Mäsak

 

La promession a été inventée à Jönköping, par le docteur Susanne Wiigh-Mäsak. Elle doit son nom à «la promesse de faire revenir à la terre celui qui a émergé de la terre». Outre la Suède, elle a, pour l'instant, des adeptes en Allemagne et au Royaume-Uni...

Avec ce procédé, les corps ne sont ni enfouis dans le sol (inhumation) ni brûlés (incinération ou crémation). Ils sont plongés dans de l'azote liquide et refroidis à -196°C...

Pas de CO²

Devenus friables, ces corps sont ensuite placés sur une table tournante qui les réduit en poussière...

Si la promession est appelée à connaître le succès dans les années à venir, c'est surtout parce que cette technique suédoise n'émet pas de CO².

 

Acide nitrique

 

Autre «avantage»: un aimant puissant récupère les particules métalliques toxiques qui émanent des éventuelles broches ou autres amalgames dentaires...

Le plus par rapport à la crémation?

Aucune vapeur de mercure ne vient polluer l'atmosphère!

Et tous les «restes» qui présentent un danger ont droit à un recyclage en bonne et due forme.

 

 

 

 

 

 

Urne biodégradable

 

Quant à ceux du défunt, ils sont placés dans une urne biodégradable dont la décomposition totale n'excède pas 12 mois. Autre information: dans la terre où est enfouie cette urne, la famille du «promessié» est invitée à planter un arbre...

Enfin, et vous saurez tout, le prix de cette opération est comparable à celui d'une crémation.

 

Les catholiques

 

Bien que la France n'envisage pas, pour l'instant, d'adopter ce type de funérailles, la promession suscite néanmoins quelques réactions, notamment du côté de certains chrétiens.

Dans son numéro 90, le mensuel catholique d'enseignement et d'information Lumière, Amour et Vérité consacre un commentaire à ce procédé et «attend une réaction de la part de la hiérarchie catholique».

Car pour ce journal, la promession, comme la crémation du reste, présente un caractère inquiétant: «Ce n'est même plus du néo-paganisme, c'est le déni de toute dignité du corps humain!»

Lequel corps humain, pour les catholiques sensibles à la Tradition, doit être enseveli comme celui du Christ pour ressusciter un jour à son tour...

(Pour info, signalons que l'Eglise autorise la crémation des fidèles depuis 1963.)

 

Langue sauce piquante

 

Parmi les autres réactions qu'on peut découvrir sur le net, celle des correcteurs du Monde.fr n'est pas des plus enthousiastes : «Morts trempés dans l'azote puis réduits en poussière. On se croirait au Palais de la Découverte», lit-on sur leur blog Langue sauce piquante.

Et ces esprits vifs de citer un vieil article du Times, qui aurait sans doute pu être écrit par Alphonse Allais ou Tristan Bernard : «Quand la transformation est terminée, les proches peuvent choisir de placer les êtres aimés dans une urne d'amidon de maïs ou de pommes de terre.»

C'est ce qu'on appelle le progrès !


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