La mort et l'enfant
Comment aborder ce sujet avec un enfant ?
Comment l’accompagner dans un deuil ?
Oui, comment faire, alors que tout nous pousse à le protéger, l’immuniser, le préserver ?
Peut-être prenons-nous le problème à l’envers. Nous croyons devoir tout apprendre et tout enseigner à un enfant, mais si l’on veut bien écouter, observer, s’ouvrir, nous nous rendons compte que nous avons énormément à apprendre de lui.
Nous avons pour habitude de dire que nous sommes pourvus de raison à partir de 7 ans tout en croyant qu’il s’agit là d’une véritable valeur ajoutée. Pour ma part je pense l’inverse ; je crois qu’à cet âge nous avons perdu la « connexion » avec l’essentiel et que le mental falsificateur est venu nous apprendre comment penser, comment réagir, comment contenir, etc. Cette attitude vaut aussi pour la façon dont nous allons aborder le deuil. La mort, va se conformer à la normalité, ce qui veut dire « conforme à la majorité ». D’une civilisation à l’autre le comportement pourra être radicalement différent. Il ne peut en être autrement.
C’est la simplicité, l’authenticité, la non dissimulation, l’honnêteté qui seront les meilleures alliées dans les situations de souffrance. C’est ce que je crois, c’est ce que j’ai vécu.
J’ai accompagné mes filles toute jeunes dans le deuil de leur père. La douleur de la séparation est inévitable, mais comme toute épreuve elle comporte des aspects positifs. Si l’on admet que la mort fait partie d’un processus naturel, même si elle survient avant l’heure, si on attribue à la vie une autre dimension que sa simple existence matérielle, cela change tout. Je ne parle absolument pas de religion, elle n’a pas sa place ici pour moi. Il s’agit simplement d’ouvrir son cœur et d’accepter. La mémoire d’un être aimé ne meurt pas, sa présence persiste, même si elle est subtile et immatérielle. La richesse des relations tissées demeure et s’enrichit.
Alors, comment aborder ce sujet ?
Pour ceux qui n’ont pas encore été confrontés à cette dure réalité, il ne faut en aucun cas dissimuler l’éventualité d’une disparition, ce n’est pas vivre dans la peur, mais simplement faire preuve d’honnêteté et donner tout son sens à la vie et faire de chaque instant un moment précieux.
Les petits enfants parlent de la mort avec un naturel déconcertant, ils savent mieux que nous que cet état fait partie de notre condition que nous voulons souvent nier, alors on a tendance à ne pas les écouter ou à détourner des paroles qui peuvent paraître décalées.
Vouloir éloigner un enfant en période de deuil, vouloir lui cacher la réalité d’évènements est à mon sens une lourde erreur qui lui sera préjudiciable. En agissant ainsi nous ne faisons que projeter nos propres peurs, c’est un déni dont nous chargeons nos enfants. Vouloir cacher sa propre peine sous prétexte de le préserver est tout autant négatif. Les enfants de toute façon ne s’y trompent pas, et nous ne faisons qu’installer un malaise entre eux et nous en nous interdisant d’être authentiques.
Les enfants hospitalisés atteints de maladies graves, quelquefois incurables, sont de vrais exemples pour nous, bien souvent. Nous constatons qu’ils sont très courageux, bien plus que la plupart des adultes. Ils abordent leur état avec une sagesse, une philosophie dont nous pourrions nous inspirer.
Oui, vraiment, nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Changeons nos regards, écoutons et observons. La vérité vient souvent d’où on ne l’attend pas…









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