La mort de mon frère
Voici mon histoire
Une nuit je suis réveillée par des bruits sourds et inquiétants. Je suis tellement surprise et inquiète que j'en suis étourdie. Mon compagnon se lève, on frappe avec insistance à la porte.
J'entends les voix de mes parents qui me réclament. Je descends affolée, ils sont en larmes... Je commence à dire "non...papy..."
Non, ce n'est pas ça ! Mes deux frères, mes deux amours, ont eu un accident de voiture, où sont-ils ? On commence par me dire que l'un est à l’hôpital et l'autre ?
Il est parti...C'est le début du cauchemar !!!
5kg perdus en une semaine, appétit coupé, nausées, crises d'angoisse... Et puis vient le douloureux apprentissage du deuil et des relations humaines qui entourent la mort.
Nous avons moins de 25 ans, mon frère et moi, et nous voici déjà héritiers de notre petit frère... Plus le temps passe, plus on a l'impression d'effacer ses traces... Difficile d'accepter tout ça.
Pourtant je me relève plus grandie encore ! Oui, il me manque et souvent, j'ai envie de hurler ! Pourtant, s'il y a quelque chose dont je suis prête à hériter, c'est de son sourire !
Je veux être heureuse et croquer la vie comme il savait si bien le faire ! Pour cela je m’efforce de regarder ce que j'ai et non ce que je n'ai pas ou plus ! Pourquoi n'irais-je pas bien ? J'ai un toit, une famille, un compagnon, des projets, la santé, des souvenirs, je ne peux pas me plaindre... je ne veux pas me plaindre !
Et puis vous?
Si vous partiez demain souhaiteriez-vous que vos proches soient tristes et déprimés ?
Moi non, et je suis persuadée que c'est ce que mon frère souhaiterait aussi...et sans doute tous les gens aimant déjà partis.
On pourrait se dire que maintenant qu'il n'est plus là ça n'a plus beaucoup de sens mais je pense qu'au contraire, il faut faire honneur à nos proches.
Je me souviens que lorsque l'on faisait de la muscu ensemble, il me disait souvent "allez ma sœur, montre leur !" Voilà c'est cette phrase que je veux garder en tête !
Me battre pour moi, mon entourage et pour lui !
Je pense que la perte d'un être cher est pire que tout. Parfois ça me rend triste et en colère de voir que dans tous les documents sur le deuil, le terme dépression est cité au moins une fois... et ce qui me chagrine aussi c'est que parfois on se sentirait presque coupable vis-à-vis des autres, d'essayer de refaire surface mais pourquoi ?
La vie continue, ma vie continue et ma vie sera courte aussi...! Alors je ne dois pas perdre de temps... Cessons de culpabiliser de rire, de parler du temps, d'aller en vacances... Notre vie continue !
Je pense que pour surmonter un tel événement, il faut arriver et il faut se forcer à prendre du recul face à nos sentiments et nos émotions et « intellectualiser » les événements. Je crains que le tourbillon des émotions puisse nous emmener bien bas...
Je ne suis pas croyante mais voici quelques lignes du texte qui a été lu lors de la cérémonie à l'église, j'y repense souvent car je trouve que son message est lourd de sens et important...
" Je suis moi, tu es toi ; ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours."
" Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble."
" La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié, elle est ce qu’elle a toujours été: le fil n’est pas coupé."
" Pourquoi serais-je hors de ta pensée simplement parce que je suis hors de ta vie ?" Canon I. Scott-Iolland
En espérant ne blesser personne et surtout aider, bien que chaque histoire soit unique. Coralie B.










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