Journée mondial des soins palliatifs

Aujourd'hui, 11 octobre, c'est la journée mondiale des soins palliatifs. C'est un jour d’action pour célébrer et soutenir l’accompagnement et les soins palliatifs à travers le monde.

 

Une enquête menée entre novembre 2010 et février 2011 auprès de 789 structures françaises de soins palliatifs montre que sur 783 cas de demandes d’euthanasie (appelée demande de mort anticipée DeMA) survenues durant l’année 2010 (476 émanant de patients, 258 des proches et 49 du personnel infirmier); 132 équipes n’ont pas recensé de DeMA.

La surprise vient de ce qu’il ressort de cette étude que la demande d’euthanasie persiste dans 61% des cas de manière continue (37%) ou fluctuante (24%).

Alors qu’un argument courant des défenseurs de la vie contre l’euthanasie repose sur l’idée que le développement des soins palliatifs doit conduire à un tarissement des demandes de mort, le constat des auteurs de l’enquête DemandE semblerait montrer que cette idée n’est pas exacte.

 

Ce qu'il faut comprendre

En réalité, outre la disparité des situations recensées, il semble que d’autres leçons bien plus optimistes et positives puissent être tirées de l’étude. D’abord, de nombreux praticiens ont déjà remarqué que ces résultats ne correspondent pas au constat du terrain. Cela veut dire qu’il faut affiner l’analyse.

En effet, on constate que les demandes de mort sont d’autant plus persistantes que la prise en charge palliative est tardive. Par ailleurs, de l’aveu même de certaines équipes, le maintien de la demande d’euthanasie est souvent perçu comme le résultat d’une situation inextricable révélatrice de carences dans la prise en charge du malade en fin de vie.

L’enquête fait apparaître d’une part que la formulation d’une aide en terme d’euthanasie intervient plutôt lorsque le dispositif d’accompagnement dans le cadre des soins palliatifs se situe trop tardivement ou s’est avéré carentiel.

 

La leçon

La vraie leçon est finalement celle-ci : il faut développer des soins palliatifs de qualité et mis en place de manière suffisamment précoce pour que la personne soit accompagnée dès le début de la fin, si j’ose dire. Les soins palliatifs ne sont sans doute pas une réponse aux défenseurs de l’euthanasie. Ils ont une valeur par eux même car ils impliquent que le malade soit non pas un mourant mais, jusqu’à la fin, un vivant.

Même si personne ne demandait l’euthanasie, le développement des soins palliatifs serait une nécessité humaine. Le mouvement pro euthanasie n’a servi que de révélateur à cette nécessité.

 

source : thomasmore


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