Je l'aime, il se meurt, je fuis !

Nous ne sommes pas tous égaux devant l’accompagnement d’un mourant. Certains sont incapables d’être aux cotés de ceux qu’ils aiment le plus dans les derniers jours.

Il est facile de son fauteuil de juger une mère égoïste, lâche, méprisable parce qu’elle reste à l’écart  de son enfant dans les derniers moments. Pourtant, la souffrance qui la dévore est infiniment douloureuse.

Celui ou celle qui est condamné à rester derrière la porte vit un calvaire insoupçonné.

Alors que se passe t- il ? 

Les comportements humains de  fin de vie rencontrent en miroir les mêmes problèmes relationnels qu’en début de vie.

Quand l’enfant  cadet paraît, l’aîné si il a peu de différence d’âge avec son frère ou sa sœur, est soumis au risque de régression.

Françoise Dolto fut une des premières a recommander de ne pas laisser jouer les ainés avec le nourrisson. En effet,  sa capacité à s’identifier à se projeter à la place du frère ou de la sœur le fait régresser dans une époque trop proche de lui. Les conséquences sans gravité de ce comportement se manifestent par le retour  passager à l’incontinence, à  la reprise du biberon etc… mais cela peut être plus grave et nécessiter l’accompagnement d’un pédo- psychiatre.

De même, pour certains qui sont très proches, voire fusionnels avec l’agonisant, le phénomène de projection opère. Leur  forte empathie pour l’être aimé les projette dans le destin de l’autre. Ils doivent faire face alors à une double terreur, celle de  le perdre et celle de mourir. Face à la sensation d’imminence de leur mort, ils reculent.

Pour ces personnes, la vision de la perte de l’autre se transforme en  rencontre avec leur  propre disparition. Cette sensation est comparable à celle qu'ils auraient au bord d'un gouffre en étant sujet au vertige. 

 

 

Essayez de faire avancer quelqu’un qui a le vertige, c’est impossible ! Il est tétanisé, il ne peut pas bouger. Ce n’est pas question de volonté, c’est plus fort que lui .

Si vous êtes aux cotés d’ un proche qui a cette difficulté, sachez que ce n’est pas un manque d’amour ni de courage. Ce n’est pas qu’il ne veut pas mais il ne peut pas.  Sa douleur est infinie. Aidez le !

Le courage ne s’achète pas au super marché, certains l’ont, d’autres pas. On n’est pas égaux devant les tragédies de la vie mais, on peut être solidaire.

 

 


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