Virginie Pons

Je crois à la résurrection

J’avais brossé une ébauche à la fois de la Résurrection et de la mort (plutôt dans l’optique philosophique), cette fois je voudrais m’attacher à la foi des chrétiens en la Résurrection.

Lorsque les chrétiens confessent : « Je crois  à la Résurrection de la chair » ou « Je crois à la vie éternelle » qu’est-ce que cela signifie ?

L’apôtre PAUL relie la Résurrection de Jésus-Christ à notre propre propre Résurrection : « Si notre propre espérance dans le Christ est valable uniquement pour cette vie, alors nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais, en réalité le Christ est revenu de la mort à la vie, en donnant ainsi la garantie que ceux qui sont morts reviendront également à la vie », Première lettre aux Corinthiens, chapitre 15 (versets 19-20).

Durant sa vie publique Jésus s’est offert aux autres jusqu’à la mort et la Résurrection. Si, comme l’affirme Paul, elle n’attestait pas de notre propre Résurrection, elle demeurerait une performance individuelle fabuleuse. Comment est-elle devenue une force de vie qui a converti l’Empire Romain ?

Cependant cette Église qui confesse la Résurrection de la chair en dit-elle plus sur l’au-delà de notre vie ? Deux extraits de Paul tentent une représentation : Première lettre aux Thessalonissiens, chapitre 4 (versets 13-17) et Première lettre aux Corinthiens, chapitre 15 (versets 55-58) :

- La Résurrection concerne le futur car elle est liée au retour de Jésus-Christ

- Elle touche les vivants et les morts - Nous ressusciterons dans un « corps glorieux »…

C’est pourquoi ce revif des morts et la transformation des vivants, au retour de Jésus-Christ, peut paraître obscur et donner lieu à toutes sortes de spéculations ! Ce que la Résurrection n’est pas Résurrection n’est pas l’immortalité en dépit de toutes les sciences fictions. A Gethsémané, la perspective de la mort  tourmente Jésus lui-même car Jésus n’est pas SOCRATE : pour lui la mort n’est pas une « libération » pour retrouver le ciel, il lutte avec son anxiété et ne retrouve la paix qu’en remettant sa vie et sa mort entre les mains du Père (Luc, chapitre 23 (verset 46).

L’homme accepterait-il que sa vie se poursuive éternellement ?

Certains y voient, ainsi, la négation même de la religion. La foi en serait-elle réduite à un gage pour l’au-delà ou l’attestation que l’Amour est plus fort que la mort ?

La Résurrection n’est pas la réincarnation : souvent beaucoup de chrétiens confondent les deux ! Or la réincarnation n’est qu’un automatisme qui fait de chaque existence l’enchaînement de la précédente. La Résurrection, au contraire est une nouvelle création de Dieu à travers le pardon. Croire en la Résurrection c’est proclamer que notre vie trouve son futur et son espoir en DIEU SEUL. La réincarnation banalise la vie comme la mort alors que la Résurrection souligne l’unicité infinie de la vie comme de la mort. Face à la fatalité des cycles de la réincarnation, pour la Résurrection la vie est un don libre et gratuit avec un début et un achèvement. Ainsi tout oppose les deux concepts.

 

CE QUE LA RÉSURRECTION DIT : Affirmation de la mort à l’encontre de l’occultation actuelle : croire à la Résurrection c’est croire à la Résurrection de la chair car la mort est une réelle blessure mais une rupture remplie d’expectative optimiste !

La Résurrection confesse la valeur du corps : dans la Bible la personne humaine est un tout. Quand  l’apôtre Paul confronte la chair à l’esprit (Romains, chapitre 8 (versets 1-17) il ne sélectionne ni la chair d’un côté, ni l’esprit de l’autre. « La religion s’occupe à fois du ciel et de la terre… Toute religion qui fait profession de s’occuper de l’âme des hommes sans s’occuper des taudis auxquels ils sont condamnés, des conditions économiques qui les étranglent et des conditions sociales qui les mutilent, est une religion aussi stérile que poussière » MARTIN LUTHER KING.

La Résurrection est le salut du mode car elle touche la création en son entier. L’attente messianique du Royaume (du retour du Christ avec le renouvellement apaisant que cela implique) commence aujourd’hui. Jésus n’a-t-il pas dit : « Je suis la Résurrection et la VIE » ? Dans l’Évangile les mots « vie » et « mort » ont un sens qui dépasse infiniment la biologie. Dans une démarche de foi la vie quotidienne s’ouvre dans une confiance qui déborde notre passage sur terre. Simultanément, la mort ne commence pas le jour où notre cœur ne bat plus : elle est déjà là quand il s’arrête d’aimer, dans tous nos rejets, notre égoïsme…

Croire en la Résurrection de la personne Malgré les aléas de la capacité à aborder une telle foi :

- Cette foi nous enseigne cette assurance que notre vie ne se borne pas au seul cadre de notre existence puisque Dieu enveloppe l’humanité dans sa totalité.

- Mais cette espérance se crée maintenant et quotidiennement grâce à l’ESPRIT SAINT de CHRIST en nous.

- Cela ne nous dispense pas d’affronter la brutalité de la séparation.

- Mais nous croyons que celle ou celui qui a disparu espère, avec toute la création, le jour où la mort sera vaincue, le jour où Dieu sera tout en tous.

- La Résurrection se situe dans l’expectative eschatologique (la fin des tes temps), c’est à dire une conception  mystérieusement insoupçonnée de « temps nouveaux.

- Splendide espérance, certes, mais comme toute espérance pas forcément impartiale ! dans cette attente, nous lisons dans la Bible que les morts dorment en Dieu… cela nous apaise-t-il assez pour confesser avec Paul : « Mort où est ta victoire ? où est ton aiguillon ? » Première lettre aux Corinthiens, chapitre 15 (verset 54).  

 

Source : Pasteur Antoine Nouis « Un catéchisme protestant » (Reveil Publication)

 


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