Comment aider un proche à surmonter son chagrin ?
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"Profanatics" de tombes
Marie de Hennezel, psychologue spécialiste de l’accompagnement de fin de vie explique que « parler de la mort aide à vivre » et précise même que « plus on dénie la mort, plus grande est l’angoisse face à elle ».
Effectivement, dans la société occidentale contemporaine, le rapport à la mort est à la fois pauvre et angoissant, vraisemblablement en raison de cet éloignement d’une perception plus intime de la mort. On ne sait plus comment se comporter face à un proche dans la douleur. Comment alors l’aider à surmonter son chagrin alors même que parler de la mort est devenu un tabou ?
Briser le tabou, laisser s’exprimer la douleur
Faire comme si de rien n’était, éluder la question ou éviter d’en parler en pensant ainsi aider la personne à reprendre pied dans la vie est en fait une attitude plutôt négative. D’une part parce que la personne endeuillée se sent incomprise, isolée, d’autre part car il peut se créer chez elle une sorte de culpabilité de ne pas «savoir faire face».
Or, faire face et rester digne dans la douleur, n’a rien à voir avec l’occultation des sentiments. La dignité tient sans doute au fait de ne pas envahir les relations avec les autres avec sa douleur, mais n’interdit en rien de pouvoir compter sur une épaule amie bienveillante. La bienveillance, l’écoute, sont sans doute les qualités qui permettront d’aider au mieux un proche endeuillé. Il s’agit d’accepter que l’autre puisse avoir du chagrin, et lui offrir la possibilité de l’exprimer à sa façon.
La tristesse est un sentiment tout à fait normal et auquel il est nécessaire par moment de donner libre cours. Il faut garder à l’esprit que parfois, nous pouvons nous montrer maladroits avec un proche qui a besoin d’être consolé parce que nous-mêmes avons peur d’exprimer notre propre ressenti. Une technique qui peut aider consiste à verbaliser ce qui semble indicible à la personne attristée : «tu te sens démuni… ça fait un grand vide…».
Ceci permettra de libérer les craintes, d’éviter d’en faire un «nœud» bloqué dans l’esprit. La personne sentant qu’elle est comprise, qu’il n’y a pas de jugement, peut alors s’autoriser à exprimer sa pensée et sa profonde tristesse.
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Psychologie
Renouer avec la vie
Le temps de l’expression de la douleur respecté, il ne s’agit pas non plus d’y rester et encore moins de s’y complaire ! Il est donc nécessaire d’apporter de l’air frais à la personne qui peine à surmonter sa douleur, pour la guider vers des perspectives d’espoir et d’optimisme.
Parfois, cela se fait tout seul, alors même que la personne exprime sa douleur et les craintes qui sont liées à la perte d’un proche. Parfois, une plus grande présence d’un proche ou d’un ami s’avère nécessaire.
Comment renouer avec le fil de la vie ? Certainement de la manière la plus concrète qui soit : pas besoin de grandes pensées métaphysiques sur le sens de la vie, la mort ou autre, nul besoin non plus de promesses vagues que l’on n’ose pas mettre en œuvre : le «tu peux compter sur moi» peut souvent être plus perçu comme une formule de politesse que comme une véritable porte ouverte.
Il est donc nécessaire d’être très pragmatique. Ce peut être d’aider concrètement la personne en «occupant» son temps : de la promenade aux courses au marché, en passant par la demande de menus services. La personne pourra alors se sentir utile, aura de nouveau du plaisir à partager une activité avec quelqu’un. Il faut toutefois bien prendre garde à ne pas rentrer dans un système où l’un ou l’autre serait tributaire, dépendant ou se sentirait trop obligé.
Il est également possible de suggérer à une personne qui aurait du temps libre de s'engager dans une action de bénévolat qui lui plaise. Bien sur, s’il y a des enfants, petits-enfants ou même des animaux, cela force à se remettre dans le mouvement de la vie. Proposer d'adopter un animal de compagnie à une personne qui se retrouve seule (conjoint décédé, enfants grands, etc.) peut être une idée à creuser. Mais cela doit se faire avec son consentement : d'ailleurs cette réflexion lui permet de commencer à se projeter sur une reconstruction de sa vie.
Ainsi donc, afin d’aider quelqu’un à surmonter sa douleur, il est en premier lieu absolument indispensable de reconnaître cette douleur, de lui conférer une existence afin de ne pas risquer de voir chagrin et craintes réapparaître quelques mois plus tard, sous une forme souvent plus difficile à dépasser. Ensuite, il faut l'aider à se recentrer sur elle-même, sur ses activités et non plus sur ce vide qu’elle ressent.
Avant toute chose, une personne qui a du mal à surmonter son chagrin a besoin de bienveillance. Cependant, si toutes vos actions ne vous semblent pas aboutir, ou si la personne semble s'enfermer dans un système de pensée où elle ne peut plus évoluer et demeure dans son chagrin, refusant toute perspective d'avenir, il est alors nécessaire de l'orienter vers un professionnel bienveillant (par exemple un psychologue) qui pourra l'aider au mieux.










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